Nouveautés concernant le portail des membres: dialoguez directement avec SUISA via «Mon compte»

Grâce à divers services en ligne, le portail personnalisé des membres fournit une aide précieuse aux membres qui peuvent ainsi s’éviter un travail fastidieux et garder une bonne vue d’ensemble de toutes leurs affaires SUISA. Depuis peu, nos membres peuvent communiquer directement avec nous via «Mon compte». Texte de Claudia Kempf

Capture d'écran de l'outil de communication avec une correspondance entre un membre et SUISA

Depuis l’automne 2022, les membres peuvent communiquer directement avec SUISA via «Mon compte». (Image: SUISA)

SUISA développe en permanence ses services en ligne disponibles sur le portail des membres «Mon compte». Durant l’automne 2022, les changements suivants seront en ligne:

La page d’accueil a été restructurée

Votre profil avec vos données personnelles se trouvent désormais en haut à droite. Vous trouverez à cet endroit également l’administration des utilisateurs et, si vous disposez de plusieurs comptes, vous pouvez passer ici d’un profil à l’autre.

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Nouvelles possibilités de communication

Dès maintenant, vous pouvez nous envoyer vos questions via «Mon compte» et vous recevrez une réponse. De cette manière, vous garderez une vue d’ensemble des demandes que vous avez envoyées à SUISA.

Désormais, nos demandes de précisions suite à des actions de votre part, par exemple des déclarations d’œuvres, vous seront transmises directement via «Mon compte» et non plus par e-mail. Dès que vous recevez une demande de notre part, vous serez informé par e-mail qu’une nouvelle communication de SUISA est disponible dans «Mon compte». Cette demande apparaît sur la page d’accueil et peut également être visualisée dans la rubrique «Activités». Dans cette section, vous pouvez voir le statut actuel de vos demandes et de vos messages, c’est-à-dire si ces éléments sont encore ouverts ou déjà traités. Pour chaque activité, vous pouvez à tout moment consulter l’historique de la communication, qui reste enregistré même lorsqu’une activité a été clôturée.

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Des nouvelles des dernières réunions du Conseil de SUISA

Le Conseil et ses Commissions Tarifs et répartition ainsi qu’Organisation et communication se sont réunis le 16 juin à Berne et les 4 et 5 octobre 2022 à Lausanne. Nouvelles du Conseil par Noah Martin

Des nouvelles des dernières réunions du Conseil de SUISA

L’Assemblée générale 2024 aura lieu un mardi, à titre d’essai. (Photo: Manu Leuenberger)

Rainer Bischof, l’un des trois membres du Conseil d’administration de Mint nommés par SUISA, quittera le Conseil de SUISA en été 2023. Par conséquent, le Conseil a désigné parmi ses membres un successeur pour le Conseil d’administration de Mint. Les partenaires de la joint venture, SESAC et SUISA, disposent chacun de trois sièges au Conseil d’administration de Mint Digital Services SA et ont en outre la possibilité de nommer d’autres personnes en qualité d’observateurs.

Conseil d’administration de Mint

En juin, le Conseil a décidé de nommer Christian Wicky – jusqu’alors observateur permanent – au poste devenant vacant. Sylvie Reinhard a nouvellement été élue en qualité d’observatrice. Depuis le 23 septembre 2022, le Conseil d’administration de Mint se compose des personnes suivantes:

John Josephson (CEO de SESAC)
Christos Badavas (General counsel de SESAC)
Alexander Wolf (President international de SESAC)

Christian Wicky (membre du Conseil et Président de la Commission O+C de SUISA)
Andreas Wegelin (CEO de SUISA)
Jürg Ziebold (CIO de SUISA)
Sylvie Reinhard (observatrice permanente)

Règlement de répartition

Après que la Commission de Répartition et des œuvres a déjà discuté d’une révision du règlement de répartition lors de sa réunion du 4 mai 2022, et décidé de la soumettre au Conseil de SUISA, ladite proposition a été soumise au Conseil en juin. Par décision du 16 juin, ce dernier a approuvé – à l’unanimité – les trois propositions de modification suivantes:

  • la suppression du tarif commun 6b;
  • l’intégration dans le règlement de répartition des nouveautés tarifaires en ce qui concerne la répartition des recettes provenant des redevances sur les supports vierges;
  • l’adaptation de la définition des termes «éditeur» et «sous-éditeur».

L’Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle (IPI) a approuvé ces modifications par décision du 13 octobre 2022 (les modifications concernant le terme éditeur et l’affectation des redevances sur les supports vierges entrent en vigueur au moment de l’approbation, la suppression du TC 6b au 1er janvier 2023).

Comptabilité par postes de frais

Comme chaque année lors de sa réunion d’automne, le Conseil s’est occupé du résultat de la comptabilité par postes de frais de l’année précédente. La comptabilité par postes de frais contient des informations sur les coûts d’encaissement et de répartition par tarif. Par exemple, les tarifs K, H et S sont des tarifs très coûteux et des mesures doivent être prises pour une optimisation. Heureusement, il apparaît que les coûts baissent dans le domaine online. Dans l’ensemble, on observe une réduction constante des coûts au niveau du processus de base. Les efforts d’automatisation et de rationalisation des processus portent donc leurs fruits.

Stratégie d’entreprise

Chaque automne, avant l’établissement du budget, le Conseil se penche sur la stratégie de SUISA. La stratégie, fondamentalement renouvelée en 2019, a été discutée en tenant compte du contexte actuel.

Il apparaît que, malgré la pandémie, les lignes directrices stratégiques élaborées en 2019 restent valables. Outre diverses adaptations mineures (contenu et rédaction), une nouvelle importance a été accordée à la notion de durabilité. Le Conseil a approuvé à l’unanimité la stratégie d’entreprise qui lui a été soumise par la Direction, sous réserve de certains ajustements qui doivent encore être apportés.

Cooperative Governance

Il y a quelque temps, le service juridique de SUISA a analysé la gouvernance coopérative de SUISA et a proposé que quelques mesures soient prises en ce domaine. Une partie de ces mesures consistait en des modifications des statuts décidées lors de l’Assemblée générale 2022 et leur entrée en vigueur au 1er janvier 2023. Une autre partie de ces mesures a été discutée par le Conseil lors de sa récente réunion d’automne à Lausanne.

Ces autres mesures concernaient notamment la détermination et le développement de la stratégie, les droits et obligations du Conseil et de la Direction en matière d’information, les profils d’exigences pour les membres du Conseil, de la Direction et de l’Organe de révision, l’indépendance des membres du Conseil, le code de conduite et le système de lanceurs d’alerte, la transparence des processus internes à la coopérative, l’implication des membres dans le processus de formation d’opinion et de prise de décision, l’Assemblée générale électronique, l’auto-évaluation et la formation continue du Conseil, le droit de proposition des membres pour les élections du Conseil, les droits de contrôle des membres ainsi que la gestion des risques et le système de contrôle interne.

Le Conseil a pris connaissance du rapport sur la gouvernance coopérative qui lui a été présenté par la Direction et a décidé la mise en œuvre de certaines mesures de ce rapport.

Elections du Conseil 2023 – rapport du comité de nomination

A la suite de l’annonce de la démission du Conseil du Président de la Commission du Conseil Finances et contrôle, Rainer Bischof, il a été discuté de sa succession à la présidence de cette commission. Le Conseil a décidé d’élire Philipp Schnyder nouveau Président de la Commission Finances et contrôle au 1er janvier 2023, garantissant ainsi une transition en douceur à la tête de cette importante commission.

Date et lieu de l’Assemblée générale

Seuls 116 sociétaires ayant le droit de vote ont participé à l’Assemblée générale de 2022. Cette faible participation n’est probablement pas due à un manque d’intérêt, au vu du nombre de bulletins de vote valables reçus lors des deux assemblées générales organisées par écrit en 2020 et 2021: il y a eu 1576 bulletins valables en 2020 et 1486 l’année suivante. Plus le nombre de membres participant à l’Assemblée générale est élevé, plus le Conseil et la Direction sont guidés dans la question de savoir si leurs actions correspondent à l’intérêt des coopératrices et coopérateurs.

Cela a donné lieu, à l’automne, à une réflexion sur la date et le lieu de l’Assemblée générale. Dans ce contexte, le Conseil s’est prononcé en faveur de l’organisation de l’AG 2024 un mardi, à titre d’essai. Il a en outre décidé que l’Assemblée générale de 2025 se tiendrait probablement à Lugano, à condition que, d’ici là, les membres aient la possibilité de participer à l’Assemblée en ligne.

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Nouvelle définition de la notion d’«éditeur/trice» dans le règlement de répartition – quelles conséquences?

Jusqu’ici, la définition de l’éditeur/trice figurant dans le règlement de répartition était la suivante: «la personne physique ou morale qui a acquis les droits d’édition d’une œuvre et qui, en vertu de ses obligations contractuelles, produit à ses frais des exemplaires de l’œuvre et les met en circulation». Mais le rôle de l’éditeur/trice a évolué, notamment avec l’augmentation de l’exploitation en ligne de la musique, de sorte que cette définition n’était plus en adéquation avec la réalité actuelle. SUISA a pris ce changement en considération et a modifié son règlement de répartition. Texte d’Anke Link

Nouvelle définition de la notion d’«éditeur/trice» dans le règlement de répartition – quelles conséquences?

La diffusion de musique a évolué: moins de partitions imprimées, davantage de distribution numérique. (Photo: Andrew Berezovsky / Shutterstock.com)

Le rôle d’une maison d’édition est avant tout de s’engager, dans l’intérêt des auteurs, pour que leurs œuvres soient connues du public. Pour la gestion des droits par SUISA, il importe peu que cette notoriété soit atteinte par la production et la diffusion d’exemplaires physiques d’œuvres, par des émissions de radio et de télévision, par des concerts ou par la diffusion immatérielle via des plateformes numériques.

L’Association suisse des éditeurs de musique (SVMV) a également confirmé que la publication d’une œuvre n’est effectivement plus considérée, dans tous les cas, comme la tâche principale d’une maison d’édition. Les membres de l’association ont été de plus en plus nombreux à demander un contrat type dans lequel la publication de l’œuvre ne serait plus au centre des préoccupations, au contraire des efforts de l’éditeur/trice en vue de l’utilisation de l’œuvre de différentes manières.

Les exemplaires numériques peuvent certes également être considérés comme des exemplaires d’œuvres mais, afin de laisser aux éditeurs/trices la liberté d’aménager leurs contrats avec les auteurs en fonction des besoins des parties, la modification du règlement de répartition de SUISA renonce, tant pour la définition de l’«éditeur» (chiffre 1.1.3.4) que pour celle du «sous-éditeur» (chiffre 1.1.3.6), à un rattachement à des «exemplaires d’œuvre». Les dispositions sont donc formulées de manière neutre en ce qui concerne la technologie.

Changement dans le règlement de répartition

Les nouvelles définitions sont les suivantes:

Chiffre 1.1.3.4 Editeur
1 L’éditeur est la personne physique ou morale qui
– a acquis, sur la base de contrats avec les auteurs, des droits d’auteur gérés par SUISA sur une œuvre ou un catalogue entier d’œuvres,
– confie des droits à SUISA pour gestion, seul ou avec les auteurs et
– en vertu de ses obligations contractuelles, exerce une activité éditoriale.

2 Il y a une activité éditoriale lorsque l’éditeur use de fonds propres en vue de promouvoir des utilisations d’œuvres musicales de son catalogue éditorial pour lesquelles les droits sont gérés par SUISA.

1.1.3.6 Sous-éditeur
1 Le sous-éditeur est la personne physique ou morale qui
– a acquis, sur la base d’un contrat avec un éditeur étranger, des droits d’auteur gérés par SUISA sur une œuvre ou un catalogue entier d’œuvres,
– confie des droits à SUISA pour gestion et
– en vertu de ses obligations contractuelles, exploite ces droits en Suisse et au Liechtenstein.

Il est à noter que les nouvelles définitions ne correspondent plus à la définition de l’éditeur figurant dans le Code des obligations (CO), qui considère que la prestation caractéristique de l’éditeur est de reproduire l’œuvre en un nombre plus ou moins considérable d’exemplaires et de la répandre dans le public (art. 380 CO).

Même si cela ne constitue plus un obstacle au niveau de la répartition, les éditeurs/trices qui renoncent à la production et à la diffusion d’exemplaires d’œuvres doivent être conscients qu’en cas de litige, un tribunal pourrait qualifier le contrat correspondant non pas de contrat d’édition selon le CO, mais de mandat qui, contrairement à un contrat d’édition, peut être résilié en tout temps (art. 404 al. 1 CO). Cela pourrait rendre le développement commercial de la maison d’édition moins prévisible.

Néanmoins, tant la Commission de Répartition et des œuvres que le Conseil de SUISA ont accueilli favorablement cette adaptation aux réalités actuelles du monde de la musique, qui a également été approuvée par l’Autorité de surveillance.

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Jusqu’ici, la définition de l’éditeur/trice figurant dans le règlement de répartition était la suivante: «la personne physique ou morale qui a acquis les droits d’édition d’une œuvre et qui, en vertu de ses obligations contractuelles, produit à ses frais des exemplaires de l’œuvre et les met en circulation». Mais le rôle de l’éditeur/trice a évolué, notamment avec l’augmentation de l’exploitation en ligne de la musique, de sorte que cette définition n’était plus en adéquation avec la réalité actuelle. SUISA a pris ce changement en considération et a modifié son règlement de répartition. Texte d’Anke Link

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La diffusion de musique a évolué: moins de partitions imprimées, davantage de distribution numérique. (Photo: Andrew Berezovsky / Shutterstock.com)

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«La chanson est reconnaissable, mais elle se présente sous une toute autre forme» | avec vidéo

Alfred Schweizer raconte comment il a travaillé à sa composition pour le projet «Réflexions suisses sur Beethoven». Il a analysé certains éléments caractéristiques aussi bien dans les variations de Beethoven que dans le «Grenchnerlied», les a associés et développés. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Mike Korner

Alfred Schweizer: «La chanson est reconnaissable, mais elle se présente sous une toute autre forme»

Entretien avec Alfred Schweizer au sujet de sa composition «Beethoven und ein Schweizer Lied» en mars 2020. (Photo: Manu Leuenberger)

«Une idée m’est venue immédiatement», explique Alfred Schweizer quand on lui demande quelle a été son approche de la composition après avoir été sollicité pour les «Réflexions suisses sur Beethoven». «Parmi les premières œuvres de Beethoven, on trouve des trios pour piano, clarinette et violoncelle.» Et lorsqu’il a demandé à Kaspar Zehnder, initiateur du projet et flûtiste, s’il voulait une flûte en plus, celui-ci a répondu: «Oui, très volontiers!»

Pour le compositeur de Douanne (ou Twann), il a été assez rapidement évident que sa composition allait se référer aux variations de Beethoven. Il a écouté cette œuvre et constaté une forme classique pour la mélodie, qu’il utilise cependant en do majeur et non en fa majeur. «Il s’agit d’une petite forme en trois parties, très typique chez Beethoven, chez Mozart également d’ailleurs, à cette époque.» Il a également consulté le recueil de chansons populaires «Im Röseligarte» d’Otto von Greyerz, dans lequel on constate que la chanson originale s’appelle «Das alte Grenchnerlied». «Elle sonne un peu différemment, pas seulement rythmiquement: il s’agit probablement de la mélodie d’origine, car elle n’a pas la forme classique claire et calibrée, mais plutôt une forme narrative continue.»

Alfred Schweizer s’est également inspiré des paroles de la chanson, dans laquelle Dursli demande la main de Babeli, mais se heurte au refus des parents. «Ce que j’ai aimé à la fin, c’est que Dursli écrit à sa Babeli, depuis le front dans les Flandres: ‹U wenn der Himmel papierig wär, u jede Stern e Schriber wär, u jeder Schriber hätt siebe, siebe Händ, sie schribe doch miner Liebi kes End› (‹Si le ciel était en papier, et que chaque étoile était un scribe, et que chaque scribe avait sept, sept mains, elles n’écriraient toujours pas la fin de mon amour›).» Au vu de cette belle conclusion, il s’est décidé, pour sa composition, de se référer tout d’abord aux variations de Beethoven, puis à la version d’origine de la chanson: «Assez alerte au début, puis plus lyrique et la fin sur une note positive, dans le sens de ‹L’amour éternel›».

Comme il le dit lui-même, Alfred Schweizer n’a pas pu s’empêcher d’inclure Beethoven de manière plus générale dans sa composition, même en petites touches. «Pour moi, Beethoven c’est avant tout l’accord de do mineur! Mais aussi un mi bémol majeur radieux.» Ce qui est déterminant, c’est la manière d’intégrer de telles références. «On doit le remarquer (à l’écoute), mais uniquement après coup.» Cela vaut également pour d’autres références. «J’analyse aussi bien dans les variations de Beethoven que dans le Grenchnerlied quels sont les éléments caractéristiques, puis je les associe et les développe. Je réfléchis également à une utilisation harmonieuse de ces éléments mélodiques.»

A ce stade, Alfred Schweizer a travaillé principalement au niveau mélodique. Et il a soudain réalisé qu’il était retombé dans le travail contrapuntique. On dirait presque une fugue, dit-il en riant. «J’utilise aussi le piano très souvent de façon mélodique pour que les mélodies s’entremêlent. Et si je veux mettre un accent harmonique ou un point fort, alors je place un accord.» Avec le piano, le risque est cependant grand de se retrouver avec un accompagnement du genre «oom-pah-pah».

Au moment de l’entretien, début mars 2020, Alfred Schweizer avait composé environ deux tiers de sa pièce, qui devrait durer six à huit minutes. Il arrive maintenant au point où il souhaiterait conclure sereinement et en beauté. «Je dois maintenant veiller à ne pas tomber dans la banalité. Mais je suis conscient de ce type de dangers. Et je travaille dur pour atteindre une atmosphère sonore dont on dira ‹Cet air me dit quelque chose, mais il se présente sous une forme très différente›. Voilà mon objectif.»

Pour composer, Alfred Schweizer procède de manière chronologique. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ait prévu de passer progressivement au legato. «En ce qui concerne l’articulation, dans beaucoup de mes pièces je ne précise rien. Jean-Sébastien Bach a composé de la musique grandiose, mais n’indiquait pas qu’ici il fallait jouer lier, là doucement ou ici fort!» Alfred Schweizer est convaincu que les interprètes «sont suffisamment intelligents et sensibles » pour savoir comment ils doivent jouer quelque chose.

Dans la mise en œuvre, les musicien-ne-s peuvent apporter ce qui fait leur qualité. Cependant, selon Alfred Schweizer, cela implique que les musicien-ne-s répètent l’œuvre plusieurs fois et puissent s’approprier un morceau, comme c’est le cas pour le projet des «Réflexions suisses sur Beethoven». Néanmoins, une certaine tension subsiste quant au résultat final qui sera présenté lors de la première. Cela tient également au fait que, pendant le travail de composition, il recourt au synthétiseur pour certains instruments, afin de vérifier l’interaction des timbres. Il travaille beaucoup avec les timbres des instruments et il souhaite qu’ils puissent montrer un effet sonore optimal. ll est d’autant plus impatient d’entendre la pièce jouée par des humains et avec de vrais instruments.

Alfred Schweizer est né en 1941 à Sevelen (SG). Il a étudié la musicologie et les langues à l’Université de Berne et a été formé au Conservatoire de Bern ainsi qu’à l’Académie de musique de Bâle. Il a travaillé avec plusieurs groupes d’improvisation et au Schweizerische Zentrum für Computermusik. De 1970 à 2003, il a été Professeur de théorie musicale et de composition au Conservatoire et à la Haute école de musique et de théâtre à Bienne. www.classic2000.ch
Réflexions suisses sur Beethoven: un projet des Murten Classics et de SUISA à l’occasion du 250e anniversaire de Ludwig van Beethoven

Entre la Suisse et Ludwig van Beethoven, les liens semblent ténus. Mais le compositeur a tout de même écrit «Six variations faciles d’un air suisse», en se basant sur la chanson populaire alémanique «Es hätt e Bur es Töchterli». Ce fut le point de départ d’un projet du festival estival Murten Classics en collaboration avec SUISA, consistant en des commandes de composition à huit compositrices et compositeurs suisses de différentes générations, esthétiques et origines.

Oscar Bianchi, Xavier Dayer, Fortunat Frölich, Aglaja Graf, Christian Henking, Alfred Schweizer, Marina Sobyanina et Katharina Weber ont été invité-e-s à s’inspirer des variations ou de la chanson populaire utilisée par Beethoven, ou encore de Beethoven d’une manière plus générale. Les compositions ont été écrites pour l’Ensemble Paul Klee, permettant l’instrumentation suivante: flûte (également piccolo, flûte alto ou flûte basse), clarinette (soprano ou en la), violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano.

Kaspar Zehnder, qui a été directeur artistique des Murten Classics durant 22 ans, était l’initiateur de ce projet qui a débuté en 2019. En raison de la crise du coronavirus et des mesures prises par les autorités, la 32e édition, prévue pour août 2020, n’a pu avoir lieu, ni d’ailleurs le festival de remplacement planifié durant les mois d’hiver. Les huit compositions de ce projet ont néanmoins été jouées et enregistrées le 21 janvier 2021 lors de la «Journée SUISA» au KIB à Morat. Les enregistrements ont été diffusés sur SRF 2 Kultur dans l’émission «Neue Musik im Konzert». Ils sont également publiés sur la plateforme Neo.mx3. Le projet est documenté en ligne avec diverses contributions multimédias sur le SUISAblog et les médias sociaux de SUISA.

www.murtenclassics.ch

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Alfred Schweizer raconte comment il a travaillé à sa composition pour le projet «Réflexions suisses sur Beethoven». Il a analysé certains éléments caractéristiques aussi bien dans les variations de Beethoven que dans le «Grenchnerlied», les a associés et développés. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Mike Korner

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«Dans l’explosion, le plus intéressant, c’est l’étincelle» | avec vidéo

Pour le projet de composition «Réflexions suisses sur Beethoven», Fortunat Frölich a travaillé avec les contrastes. Il se réfère au contenu de la chanson populaire originale: «Es hätt en Bur es Töchterli». Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Mike Korner

Fortunat Frölich: «Dans l’explosion, le plus intéressant, c’est l’étincelle»

Fortunat Frölich parle de sa composition «Lövschtori» en mai 2020. (Photo : Manu Leuenberger)

Fortunat Frölich habite et travaille dans la maison de ses grands-parents à Zurich, où la musique classique a toujours joué un grand rôle. «Pourtant, je dirais que je n’ai pas été spécialement poussé dans cette voie», explique le compositeur, qui est né et a grandi à Coire, lorsqu’on lui demande des précisions sur le choix de sa profession. «En fin de compte, c’est moi qui ai décidé.» Enfant, il a été si ému par une présentation de la «Passion selon Saint Matthieu» à l’église Saint-Martin de Coire que cela a sans doute déjà influencé son choix de carrière. «Mais ce fut un chemin avec de longs détours, des crises aussi, lorsque je ne voulais plus entendre parler de musique classique.» Il est donc passé à la musique pop, mais a ensuite réintégré le violoncelle étudié dans son enfance, car il voulait faire «quelque chose de différent». En commençant à voyager à 17 ans, il est également influencé par d’autres cultures musicales.

«De tout cela est né un style de composition qui ne s’est jamais vraiment engagé dans une direction précise.» C’était un problème à l’époque, car aussi bien le public que les instances de soutien voyaient ce mélange d’un mauvais œil. «Mais, j’estimais malhonnête de cultiver un style soi-disant cohérent alors que j’écoutais en même temps du Pink Floyd, du Bach et des compositions romantiques, que je jouais du jazz, et aimais l’improvisation libre, et la pop bien entendu. Pour moi, tous ces aspects devaient être en quelque sorte absorbés et intégrés dans mon travail de composition.»

Avant même la commande pour les «Réflexions suisses sur Beethoven», Fortunat Frölich a composé trois œuvres se référant à Beethoven. Mais il ne se considère ni comme un spécialiste de Beethoven ni comme un musicologue. Même s’il estime que Beethoven a composé des œuvres grandioses, ses Variations sur une mélodie populaire suisse sont pour lui plutôt un «exercice de doigtés». «Je ne comprends pas pourquoi il a modifié cette chanson populaire et que, par exemple, aucune nouvelle harmonie n’en est ressortie.» Les variations peuvent être considérées comme un exercice de créativité: ai-je suffisamment d’imagination pour dire la même chose de dix manières différentes «De mon point de vue, c’est une approche un peu ennuyeuse et trop classique.»

Il y a quelque chose d’un peu bourgeois là-dedans, poursuit Fortunat Frölich. «Une petite chanson populaire, avec une petite histoire banale: une fille et un garçon qui ne peuvent être ensemble, ce qui pousse le garçon à partir pour la guerre.» Longtemps, il n’a pas compris ce qui était censé être intéressant dans la «conventionnalité bourgeoise». On ne peut comprendre correctement l’ère Biedermeier que lorsqu’on réalise que «dans l’explosion, le plus intéressant est évidemment l’étincelle». «Fondamentalement, ce paradoxe se retrouve en toute chose: en même temps sans intérêt et grandiose. L’art traite de la profondeur des choses, de leur signification.» L’attention que Beethoven porte à cette petite mélodie suisse est remarquable et va dans le sens de l’approfondissement d’un détail apparemment insignifiant. Frölich trouve formidable que Beethoven «se penche probablement toute une matinée sur cette chansonnette et en tire quelque chose.». On remarque qu’il a pris la chanson au sérieux, qu’il a effectué un travail soigné. «Et d’autres la prennent également au sérieux; elle est jouée et transmise au travers des âges– c’est tout à fait épatant.»

Cette petite histoire d’amour est également grandiose, bien qu’il y en ait d’innombrables de ce genre. «Car lorsque cela se produit réellement, ce qui se passe est sans limite.» S’en dégage un grand contraste par rapport à la simplicité d’une chanson, ce qui explique pourquoi il a intégré cette mélodie simple dans sa composition. «Et je voulais mettre en évidence la force explosive contenue dans cette simple chanson.» Quelle force explosive? Fortunat Frölich répond avec gravité: «Une jeune fille avec de belles tresses. – Il est amoureux. – Le père dit: elle est encore trop jeune. – La raison qui surgit et ruine tout.»

Quant à son approche musicale, Fortunat Frölich a trouvé intéressant de rompre l’approche très contenue et intellectualisée de Beethoven, et d’établir un lien avec le contenu émotionnel de la chanson. Il est typique pour Beethoven de ne pas raconter d’histoire dans ses variations. «Il utilise simplement la mélodie, sans se soucier du contenu. C’est pourquoi je raconte l’histoire, et cela de manière si intense que les musicien-ne-s ne seront pas uniquement mis à contribution en tant qu’instrumentistes, mais également en tant qu’interprètes. Ils/elles devront commencer par ce qu’on peut appeler du rap: Es-hät-en-Pur-es-Töch-ter-li… Le reste de l’histoire, je le raconterai avec la musique – Dursli et Bäbeli tombent amoureux, Dursli demande la main de Bäbeli, ‹non!› dit le père, les jeunes sont désespérés, les tambours de guerre (présents de manière latente en arrière-plan depuis le début), deviennent plus bruyants, et finissent par tout avaler. Puis – en guise de générique de fin – la nostalgie glorifiée, avec tout le désespoir de constater que l’amour fait toujours si mal.»

L’organisation métrique de cette mélodie populaire a en particulier fasciné Fortunat Frölich: «Deux mesures à 3 temps suivies d’une mesure à 4 temps, puis à nouveau une mesure à 3 temps à la fin». Ce format, assez inhabituelle pour une chanson populaire, apparaît «si l’on subdivise en phrases la mélodie écrite entièrement en mesures à deux temps: tagetege ta-te ta, tagetege ta-te ta, tagetege tagetege tagetege ta-te ta. Il était clair pour moi que le morceau devait commencer avec ce rythme au piano, car c’est déjà un motif martial, et également le motif du départ vers un ailleurs.» Puis vient le passage de l’amour avec une partie délicate pour la concrétisation artistique: «un duo flûte et violoncelle plutôt imposant». Il met au défi les musicien-ne-s avec sa pièce presque scénique, comme un opéra miniature. «J’aime égratigner un peu le style du concert classique.»

Un extrait de sa composition écrite en Inde laisse entendre que Fortunat Frölich n’hésite pas à intégrer une certaine contradiction dans son travail. «On se dirige vers le chaos, mais le son est doux et poli», confirme-t-il. «Je travaille avec des polarités, pour générer de la tension. Je m’intéresse aux contrastes et aux transitions entre celles-ci. Les transitions sont peut-être ce qu’il y a de plus intéressant dans ma musique. Parfois, je ne sais pas moi-même comment passer de A à B, parce que ces positions sont si éloignées l’une de l’autre: par exemple si A est la sagesse du père et B le désespoir et la colère des deux jeunes, une telle polarité suscite mon enthousiasme et ma créativité.» La prévisibilité d’un développement musical a le don de l’ennuyer. Il n’a dès lors pas voulu s’engager dans un style bien défini. «L’exigence d’écrire dans un certain style bien défini m’a toujours paru un peu aberrante. J’aime les chocs stylistiques.»

Comme dans certaines de ses œuvres récentes, Fortunat Frölich recourt ici aux voix des musicien-ne-s pour des effets rythmiques. «Je le fais pour relier les musicien-ne-s de façon encore plus individuelle au contenu de mes compositions, et pour que les musicien-ne-s s’adressent au public de manière plus directe». Il voit cela également un peu comme une provocation, pour briser l’aspect «classique» «où tout est bien ordonné et où le contenu se perd parfois au profit de la forme». Il espère voir les musicien-ne-s rayonner sur scène, transmettant: «Nous avons du plaisir à être là – et espérons que vous aussi». Il réfléchit un peu puis ajoute: «C’est tout. Et c’est déjà beaucoup».

Fortunat Frölich est né en 1954 à Coire. Il a étudié le chant, le violoncelle et la direction d’orchestre à Zurich, Naples et Leipzig. Il a réalisé plusieurs projets interculturels et créé également des œuvres pour jeune public avec Linard Bardill. Pour les festivités officielles du 150e anniversaire de la Confédération, Frölich a reçu une commande de composition de l’Office fédéral de la culture. Il a également créé des œuvres avec les écrivains Urs Widmer («Föhn») et Beat Brechbühl («missaverde»). www.fortunatfroelich.com
Réflexions suisses sur Beethoven: un projet des Murten Classics et de SUISA à l’occasion du 250e anniversaire de Ludwig van Beethoven

Entre la Suisse et Ludwig van Beethoven, les liens semblent ténus. Mais le compositeur a tout de même écrit «Six variations faciles d’un air suisse», en se basant sur la chanson populaire alémanique «Es hätt e Bur es Töchterli». Ce fut le point de départ d’un projet du festival estival Murten Classics en collaboration avec SUISA, consistant en des commandes de composition à huit compositrices et compositeurs suisses de différentes générations, esthétiques et origines.

Oscar Bianchi, Xavier Dayer, Fortunat Frölich, Aglaja Graf, Christian Henking, Alfred Schweizer, Marina Sobyanina et Katharina Weber ont été invité-e-s à s’inspirer des variations ou de la chanson populaire utilisée par Beethoven, ou encore de Beethoven d’une manière plus générale. Les compositions ont été écrites pour l’Ensemble Paul Klee, permettant l’instrumentation suivante: flûte (également piccolo, flûte alto ou flûte basse), clarinette (soprano ou en la), violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano.

Kaspar Zehnder, qui a été directeur artistique des Murten Classics durant 22 ans, était l’initiateur de ce projet qui a débuté en 2019. En raison de la crise du coronavirus et des mesures prises par les autorités, la 32e édition, prévue pour août 2020, n’a pu avoir lieu, ni d’ailleurs le festival de remplacement planifié durant les mois d’hiver. Les huit compositions de ce projet ont néanmoins été jouées et enregistrées le 21 janvier 2021 lors de la «Journée SUISA» au KIB à Morat. Les enregistrements ont été diffusés sur SRF 2 Kultur dans l’émission «Neue Musik im Konzert». Ils sont également publiés sur la plateforme Neo.mx3. Le projet est documenté en ligne avec diverses contributions multimédias sur le SUISAblog et les médias sociaux de SUISA.

www.murtenclassics.ch

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Pour le projet de composition «Réflexions suisses sur Beethoven», Fortunat Frölich a travaillé avec les contrastes. Il se réfère au contenu de la chanson populaire originale: «Es hätt en Bur es Töchterli». Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Mike Korner

Fortunat Frölich: «Dans l’explosion, le plus intéressant, c’est l’étincelle»

Fortunat Frölich parle de sa composition «Lövschtori» en mai 2020. (Photo : Manu Leuenberger)

Fortunat Frölich habite et travaille dans la maison de ses grands-parents à Zurich, où la musique classique a toujours joué un grand rôle. «Pourtant, je dirais que je n’ai pas été spécialement poussé dans cette voie», explique le compositeur, qui est né et a grandi à Coire, lorsqu’on lui demande des précisions sur le choix de sa profession. «En fin de compte, c’est moi qui ai décidé.» Enfant, il a été si ému par une présentation de...Continuer

Atelier SUISA au «Soundtrack Zurich»

Des questions sur la rémunération pour les utilisations en ligne de musique dans les films, les séries ou la publicité? Participez à l’atelier de SUISA au «Soundtrack Zurich» dans le cadre du Zurich Film Festival. Texte d’Erika Weibel

Atelier SUISA au «Soundtrack Zurich»

Atelier lors de la deuxième édition du «Soundtrack Zurich», la manifestation dédiée à la musique de film et de médias, en 2021. (Photo: STZ / ZFF)

Le «Soundtrack Zurich», une manifestation dédiée à la musique de film et de médias qui se déroule sur plusieurs jours, aura lieu pour la troisième fois déjà lors du Zurich Film Festival. L’événement se compose d’ateliers, de panels et d’études de cas sur des thèmes d’actualité portant sur la scène musicale cinématographique et médiatique et vise à permettre, grâce à des séances prévues à cet effet, la mise en réseau avec des partenaires commerciaux ainsi qu’avec les invités internationaux du Zurich Film Festival.

En collaboration avec SUISA, le «Soundtrack Zurich» offre également aux créateurs de musique une plate-forme pour répondre à leurs questions sur les recettes obtenues dans le domaine audiovisuel. Le sujet central de cet atelier SUISA est la rémunération pour les utilisations en ligne de musique dans les films, les séries et la publicité.

Atelier SUISA au Zurich Film Festival
Le mercredi 28 septembre 2022, Festival Center (Sechseläutenplatz)
De 12h00 à 13h00 SUISA Défi numérique: rémunération pour les utilisations en ligne de musique dans les films, les séries et la publicité
Atelier pratique en allemand avec Irène Philipp (COO SUISA) et Michael Wohlgemuth (Legal Counsel/Licensing Manager SUISA)
Animation: Martin Skalsky
Le lien de la vidéo avec l’enregistrement de l’événement sera publié ici début octobre.

Le congrès suisse sur la musique de film, «Soundtrack Zurich», est organisé par Michael P. Aust («Soundtrack Cologne») et par le FFM (Forum Filmmusik) en collaboration avec la ZHdK (université des Arts de Zurich) et «Soundtrack Cologne».

Le programme détaillé et les accréditations pour le congrès sont disponibles à l’adresse suivante:
www.soundtrackzurich.com

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Je veux faire de la publicité pour mes produits: Quelles sont les démarches à faire auprès de SUISA?Je veux faire de la publicité pour mes produits: Quelles sont les démarches à faire auprès de SUISA? Lorsqu’une publicité est produite, plusieurs secteurs sont concernés. S’il s’agit d’une production audiovisuelle créée et/ou diffusée en Suisse, vous devez obligatoirement prendre contact avec SUISA, qui vous délivrera une autorisation pour la diffusion de votre publicité. Certaines questions peuvent se poser. Vous trouverez ici les principales réponses. Continuer
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Des questions sur la rémunération pour les utilisations en ligne de musique dans les films, les séries ou la publicité? Participez à l’atelier de SUISA au «Soundtrack Zurich» dans le cadre du Zurich Film Festival. Texte d’Erika Weibel

Atelier SUISA au «Soundtrack Zurich»

Atelier lors de la deuxième édition du «Soundtrack Zurich», la manifestation dédiée à la musique de film et de médias, en 2021. (Photo: STZ / ZFF)

Le «Soundtrack Zurich», une manifestation dédiée à la musique de film et de médias qui se déroule sur plusieurs jours, aura lieu pour la troisième fois déjà lors du Zurich Film Festival. L’événement se compose d’ateliers, de panels et d’études de cas sur des thèmes d’actualité portant sur la scène musicale cinématographique et médiatique et vise à permettre, grâce à des séances prévues à cet effet, la mise en...Continuer

«Une mélodie comme un souvenir d’un ailleurs lointain» | avec vidéo

Pour le projet «Réflexions suisses sur Beethoven», Xavier Dayer ne s’est pas seulement inspiré de la mélodie de la chanson populaire suisse utilisée par Beethoven, mais a également tenu compte de la situation dans laquelle se trouvait le compositeur, alors encore jeune. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Mike Korner

Xavier Dayer: Une mélodie comme un souvenir d’un ailleurs lointain

Xavier Dayer en interview sur son œuvre «Cantus VII» fin janvier 2020. (Photo: Manu Leuenberger)

Xavier Dayer est convaincu que l’importance capitale de Ludwig van Beethoven va bien au-delà du cercle des compositeurs-trices et des musicien-ne-s. «Je dirais même qu’il est à l’origine de l’image que le grand public se fait du romantisme et de la figure cliché du compositeur.» Malgré toute son admiration pour Beethoven, il fait preuve de réserve au sujet de ses Six variations faciles d’un air suisse: «Je ne pense pas que ce soit son œuvre la plus impressionnante», déclare le compositeur natif de Genève et résidant à Berne dans un entretien de la fin janvier 2020.

Face à ces Variations, Xavier Dayer s’est cependant interrogé sur l’époque de leur création: en 1792, Beethoven avait 22 ans et était sur le point de partir s’installer à Vienne. Xavier Dayer perçoit les Variations comme une sorte d’exercice à une époque où Beethoven était plein d’enthousiasme pour sa propre musique. Cela, dit-il, doit être compris dans un contexte plus large. «La foi en la modernité et le progrès était grande à l’époque, également de la part des compositeurs. Et cet attachement à la modernité était associé à un attachement à la patrie; la ferveur pour le romantisme rejoint celle pour la nation, ce qui m’a toujours posé problème.»

Pour le développement de sa propre composition, Xavier Dayer s’est tout d’abord intéressé à la mélodie de l’œuvre d’origine, «plus qu’aux variations de Beethoven et à leur harmonisation». La simplicité de cette mélodie a permis l’établissement d’un lien avec le travail de création de Xavier Dayer. Il l’a utilisée comme un «cantus firmus», une mélodie venant de l’extérieur qu’il a en quelque sorte dissimulée dans sa propre musique. «C’est comme le souvenir d’un ailleurs lointain, comme si l’on voulait se remettre en mémoire un enthousiasme perdu, caché dans ma musique qui aimerait être trouble et troublante.»

Concrètement, Xavier Dayer a utilisé la mélodie du début de l’œuvre de Beethoven. «Nous avons parlé d’enthousiasme et, en cela, on peut dire que cette mélodie contient une dimension purement positive, avec également une grande clarté harmonique, c’est certain. (…) Dans ma composition, elle sera cependant baignée dans une sorte de brume.»

Du point de vue de l’instrumentation, Xavier Dayer a choisi un quatuor pour flûte, clarinette, violon et violoncelle, «une instrumentation pour laquelle il n’y a pas encore beaucoup de références». Cela l’a intéressé car cela signifiait une moins grande pression de la tradition et ainsi plus de liberté. On pourrait s’étonner de l’absence de piano malgré la référence à Beethoven. A ce sujet, Xavier Dayer fait remarquer qu’il est guitariste à la base, et non pianiste et ressent ainsi un complexe par rapport aux compositeurs-pianistes. Néanmoins, il utilise fréquemment le piano comme un outil de travail, notamment pour bien contrôler les enchaînements harmoniques.

La manière dont la composition sonnera une fois terminée reste ouverte à ce stade du développement. Mais Xavier Dayer estime qu’il reste toujours une place immense pour les interprètes lorsque la pièce est finie. «Dans la chaîne de création je suis celui qui propose des signes, pour ainsi dire, que d’autres interpréteront ensuite en recourant à leur sensibilité et à leur expérience. J’admire infiniment cer art de l’interprétation.» Xavier Dayer souligne qu’il aime particulièrement découvrir, en tant qu’auditeur, comment les interprètes s’approprient une composition. «En ce sens, cette partie de la création est un moment essentiel, car elle apparaît pour la première fois dans un espace concret.» A cela s’ajoute l’importance du public. Une composition, dit-il, c’est un peu comme une lettre d’amour, qui ne signifie pas grand-chose si personne ne la lit et surtout si personne n’y répond (il rit).

Le rôle du compositeur tend à être remis en question aujourd’hui, et le recours en 2020 à des algorithmes pour terminer, par exemple, la symphonie inachevée de Beethoven en est un bon exemple. Xavier Dayer ne perçoit pas cela comme un danger, mais comme un «défi extrêmement stimulant». Il constate que ses étudiant-e-s sont également concernés par la question de savoir ce que la création d’un individu peut encore signifier. «J’admire les artistes qui remettent l’acte de création en question. (…) Nous sommes peut-être arrivés à la fin d’un cycle où le créateur était considéré comme une sorte de génie et devenait l’objet d’un culte.» Selon lui, il y avait également des conséquences complexes à ce culte. «Chaque note de Beethoven, chaque phrase de Goethe nous donne l’impression d’être si petit en comparaison». Il pense qu’on ne peut pas continuer dans cette vision de l’artiste qui aurait «tout» à dire. Aujourd’hui l’artiste est peut-être à considérer comme étant ni au-dessus ni au-dessous mais simplement dans le continuum des liens sociaux.

Xavier Dayer est né en 1972 à Genève. Il étudie la composition d’abord dans cette ville avec Eric Gaudibert, puis à Paris avec Tristan Murail et Brian Ferneyhough (IRCAM – Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique). Il est Professeur de composition à la Haute école des arts de Berne et, depuis 2009, Directeur de la filière «Master of arts in Composition/Theory». Il est Président de SUISA depuis 2011. Il a été lauréat du Prix de musique du canton de Berne en 2020. www.xavierdayer.com
Réflexions suisses sur Beethoven: un projet des Murten Classics et de SUISA à l’occasion du 250e anniversaire de Ludwig van Beethoven

Entre la Suisse et Ludwig van Beethoven, les liens semblent ténus. Mais le compositeur a tout de même écrit «Six variations faciles d’un air suisse», en se basant sur la chanson populaire alémanique «Es hätt e Bur es Töchterli». Ce fut le point de départ d’un projet du festival estival Murten Classics en collaboration avec SUISA, consistant en des commandes de composition à huit compositrices et compositeurs suisses de différentes générations, esthétiques et origines.

Oscar Bianchi, Xavier Dayer, Fortunat Frölich, Aglaja Graf, Christian Henking, Alfred Schweizer, Marina Sobyanina et Katharina Weber ont été invité-e-s à s’inspirer des variations ou de la chanson populaire utilisée par Beethoven, ou encore de Beethoven d’une manière plus générale. Les compositions ont été écrites pour l’Ensemble Paul Klee, permettant l’instrumentation suivante: flûte (également piccolo, flûte alto ou flûte basse), clarinette (soprano ou en la), violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano.

Kaspar Zehnder, qui a été directeur artistique des Murten Classics durant 22 ans, était l’initiateur de ce projet qui a débuté en 2019. En raison de la crise du coronavirus et des mesures prises par les autorités, la 32e édition, prévue pour août 2020, n’a pu avoir lieu, ni d’ailleurs le festival de remplacement planifié durant les mois d’hiver. Les huit compositions de ce projet ont néanmoins été jouées et enregistrées le 21 janvier 2021 lors de la «Journée SUISA» au KIB à Morat. Les enregistrements ont été diffusés sur SRF 2 Kultur dans l’émission «Neue Musik im Konzert». Ils sont également publiés sur la plateforme Neo.mx3. Le projet est documenté en ligne avec diverses contributions multimédias sur le SUISAblog et les médias sociaux de SUISA.

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Pour le projet «Réflexions suisses sur Beethoven», Xavier Dayer ne s’est pas seulement inspiré de la mélodie de la chanson populaire suisse utilisée par Beethoven, mais a également tenu compte de la situation dans laquelle se trouvait le compositeur, alors encore jeune. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Mike Korner

Xavier Dayer: Une mélodie comme un souvenir d’un ailleurs lointain

Xavier Dayer en interview sur son œuvre «Cantus VII» fin janvier 2020. (Photo: Manu Leuenberger)

Xavier Dayer est convaincu que l’importance capitale de Ludwig van Beethoven va bien au-delà du cercle des compositeurs-trices et des musicien-ne-s. «Je dirais même qu’il est à l’origine de l’image que le grand public se fait du romantisme et de la figure cliché du compositeur.» Malgré toute son admiration pour Beethoven, il fait preuve de réserve au sujet de ses Six variations faciles d’un air suisse:...Continuer

Label Suisse: un feu d’artifice de musique suisse

Pour sa dixième édition qui se tiendra du 16 au 18 septembre 2022 à Lausanne, le Festival Label Suisse vous invite à écouter de la musique suisse de différents genres. Texte d’Erika Weibel

Label Suisse: un feu d’artifice de musique suisse

Le Festival Label Suisse met la création musicale suisse sous les feux de la rampe. (Photo : Tabea Hüberli & Dirk Hoogendoorn)

Le Festival Label Suisse a été créé en 2004 et surprend à chaque édition par sa programmation très diversifiée. Les quelque 700 000 spectateurs qui ont assisté jusqu’ici à 600 concerts répartis sur neuf éditions témoignent du succès du Festival.

Le Festival a lieu tous les deux ans et est gratuit pour le public, les frais étant pris en charge par les sponsors. 69 concerts sont organisés sur 10 scènes différentes. Le programme présente toute la diversité musicale de la Suisse, allant de la musique classique à la musique contemporaine, en passant par la nouvelle musique folklorique, le hip-hop, la pop, le rock, l’électronique, le jazz et la musique expérimentale. Ce feu d’artifice musical des plus variés fait de Lausanne un lieu incontournable de la musique suisse.

Berceau de nombreuses compositions

En amont du Label Suisse, des compositrices et compositeurs sont chargés, à chaque édition, de créer de nouvelles œuvres présentées pour la première fois pendant la durée du festival. L’une des créations de cette édition a été réalisée en collaboration avec la RTS pour célébrer le centenaire de la radio en Suisse. Il s’agit d’une œuvre collective de Yilian Cañizares et d’Arthur Hnatek, tous deux déjà lauréats du Prix suisse de la musique. Une autre œuvre nouvellement créée, intitulée «Dédale», sera jouée pour la première fois par L’Orchestre du Grand Eustache. Antoine Auberson a également composé «La Pastorale Alpine» avec l’organiste Benjamin Righetti pour cette édition du Label Suisse. L’Orchestre Harmonie Lausannoise s’est quant à lui associé à Michel Godard pour une création sur mesure avec Yumi Ito, Benz Oester et Lucas Niggli.

Le pianiste Colin Vallon a réuni des étudiants des Hautes écoles de Lucerne et de Zurich pour créer conjointement une nouvelle composition. L’artiste Lisa Tatin donnera par ailleurs vie, le dimanche 18 septembre, à une œuvre où les frontières entre concert et performance artistique s’estompent.

Ainsi, Label Suisse offre une scène importante tant aux interprètes qu’aux compositrices et compositeurs, ce qui rend la visite du Festival encore plus passionnante pour le public.

Le programme détaillé ainsi que de plus amples informations sont disponibles sur le site du Festival, à l’adresse suivante:
www.labelsuisse.ch

SUISA est le sponsor de ce festival diversifié et passionnant qui met l’accent sur la création musicale suisse.

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Pour sa dixième édition qui se tiendra du 16 au 18 septembre 2022 à Lausanne, le Festival Label Suisse vous invite à écouter de la musique suisse de différents genres. Texte d’Erika Weibel

Label Suisse: un feu d’artifice de musique suisse

Le Festival Label Suisse met la création musicale suisse sous les feux de la rampe. (Photo : Tabea Hüberli & Dirk Hoogendoorn)

Le Festival Label Suisse a été créé en 2004 et surprend à chaque édition par sa programmation très diversifiée. Les quelque 700 000 spectateurs qui ont assisté jusqu’ici à 600 concerts répartis sur neuf éditions témoignent du succès du Festival.

Le Festival a lieu tous les deux ans et est gratuit pour le public, les frais étant pris en charge par les sponsors. 69 concerts sont organisés sur 10 scènes différentes. Le programme présente toute la diversité musicale de...Continuer

Commission de Répartition et des Œuvres: influencer la répartition

L’année prochaine, la Commission de Répartition et des Œuvres sera nouvellement élue. Seuls 17 des 22 membres actuels se présenteront vraisemblablement pour une réélection, de sorte qu’au moins cinq personnes quitteront la Commission. Les sociétaires de SUISA intéressés par une élection peuvent s’annoncer jusqu’à fin novembre 2022. Ensuite, le Conseil de SUISA désignera des candidatures appropriées et les soumettra à l’Assemblée générale du 23 juin 2023. Texte de Vincent Salvadé et Giorgio Tebaldi

Commission de Répartition et des Œuvres: influencer la répartition

Nous cherchons de nouveaux membres pour la Commission de Répartition et des Œuvres de SUISA. (Photo : Juerg Isler, isler-fotografie.ch)

SUISA peut répartir 121,4 millions de francs aux auteurs/rices et éditeurs/trices à partir des recettes de l’année 2021. Pour les sociétaires et les mandant-e-s de SUISA, la répartition est essentielle: au bout du compte, qui reçoit combien d’argent et pour quelle utilisation de ses œuvres? C’est la Commission de Répartition et des Œuvres (CRO) de SUISA qui propose la manière de procéder à la répartition, et c’est le Conseil qui en décide.

«Participer plutôt qu’observer» – les auteurs/trices et éditeurs/trices membres de SUISA ont la possibilité d’influencer les décisions en cas de modification du règlement de répartition. Lors de la prochaine Assemblée générale de SUISA, le 23 juin 2023 à Zurich, la Commission de Répartition et des Œuvres (CRO) de SUISA sera nouvellement élue. Elle est constituée de 22 membres, parmi lesquels seuls 17 se présenteront vraisemblablement pour une réélection. Au moins cinq personnes quitteront donc la Commission. Les membres de la CRO peuvent être réélu-e-s trois fois au maximum.

Plus qu’une affinité avec la musique

Mais quelles sont les qualités requises pour être membre de la CRO? En premier lieu, il faut bien sûr avoir une grande affinité avec la musique. Cela découle de toute façon de la condition de base pour une candidature: seul-e-s les sociétaires de SUISA ayant le droit de vote et d’éligibilité peuvent être élu-e-s à la Commission. Les (futurs) membres de la CRO doivent en outre comprendre l’impact des décisions d’aujourd’hui sur l’avenir. Il faut se concentrer non seulement sur ses propres domaines d’activité, mais représenter les intérêts de tous les auteurs/trices et éditeurs/trices. Et cela prend du temps: les réunions de la CRO ont lieu deux fois par an et durent une journée, voyage et déjeuner compris. Les réunions nécessitent une bonne préparation de la part des membres, ce qui implique notamment la lecture de dossiers volumineux et parfois assez techniques.

La diversité fait la différence

Les personnes intéressées peuvent déposer leur candidature jusqu’à fin novembre 2022. Ensuite, le Conseil de SUISA proposera des candidatures appropriées à l’Assemblée générale. Pour le travail de la CRO, il est important que sa composition soit la plus équilibrée possible. Non seulement le plus grand nombre possible de genres musicaux doit être représenté, mais aussi toutes les régions linguistiques de Suisse et la Principauté du Liechtenstein. De plus, la Commission doit être formée de compositeurs et de compositrices, d’éditeurs et d’éditrices, de même que de parolières et de paroliers. Enfin, elle doit présenter la meilleure mixité possible, en termes d’âge et de genre.

Tâches de la Commission de Répartition et des Œuvres

La CRO s’occupe en premier lieu des modifications de la répartition relevant du règlement de répartition. Elle a les attributions suivantes :

  • elle examine les dispositions du règlement de répartition et en contrôle les effets sur les produits de répartition;
  • elle présente des propositions au Conseil concernant la modification du règlement de répartition;
  • elle traite en première instance les recours contre les décisions de la Direction concernant la classification des programmes d’émission, la protection des œuvres et les arrangements d’œuvres libres de droits;
  • elle a une fonction de conseil lors de décisions sur des arrangements non autorisés d’œuvres protégées et de plagiats.

La CRO est une commission de l’Assemblée générale de SUISA ; celle-ci peut lui assigner d’autres tâches. Chaque membre de la Commission dispose d’une voix ; les membres absent-e-s ne peuvent pas être représenté-e-s par d’autres membres de la Commission.

Les personnes intéressées sont priées d’envoyer leur candidature jusqu’à fin novembre 2022 à l’adresse suivante:

SUISA
Anke Link
Bellariastrasse 82
CH-8038 Zürich
E-Mail: anke.link (at) suisa (dot) ch

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L’année prochaine, la Commission de Répartition et des Œuvres sera nouvellement élue. Seuls 17 des 22 membres actuels se présenteront vraisemblablement pour une réélection, de sorte qu’au moins cinq personnes quitteront la Commission. Les sociétaires de SUISA intéressés par une élection peuvent s’annoncer jusqu’à fin novembre 2022. Ensuite, le Conseil de SUISA désignera des candidatures appropriées et les soumettra à l’Assemblée générale du 23 juin 2023. Texte de Vincent Salvadé et Giorgio Tebaldi

Commission de Répartition et des Œuvres: influencer la répartition

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«Le minutieux travail de notation prend presque plus de temps que la composition elle-même» | avec vidéo

Pour le projet de composition «Réflexions suisses sur Beethoven», Aglaia Graf a développé un concept en plusieurs mouvements. Chaque cas est basé sur deux ou trois motifs ou thèmes inspirés par une œuvre de Beethoven. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Mike Korner

Aglaia Graf: Le minutieux travail de notation prend presque plus de temps que la composition elle-même

Aglaia Graf pendant l’entretien sur sa composition en mars 2020. (Photo : Manu Leuenberger)

Pour ce projet, il n’a pas été facile pour Aglaia Graf de trouver la bonne approche de composition. En premier lieu, la compositrice et pianiste bâloise a analysé la partition de la chanson populaire suisse utilisée par Beethoven et a lu les paroles de celle-ci. Puis elle est allée se balader avec son chien en chantonnant cet air, dans l’espoir que cela déclenche quelque chose en elle et qu’elle trouve l’inspiration. «Mais rien n’est venu, je n’ai pas trouvé de point de départ.» Idem lorsqu’elle a étudié les variations de Beethoven. «Je dois avouer que je ne suis pas très enthousiaste par rapport à cette œuvre, même si l’on comprend aisément sur quels éléments il se base pour construire ses variations.» C’était certainement une sorte de travail d’étude de sa part; c’est pourquoi je ne m’en suis pas directement inspirée pour ma composition.

Puis Aglaia Graf a pensé qu’elle pourrait utiliser certains éléments de base de la chanson populaire et a cherché d’autres chansons de ce type qui lui plaisaient dans le répertoire suisse. «J’en ai trouvé de très belles et je me suis demandé s’il y avait là un matériel avec lequel je pourrais travailler.» Mais ce ne fut pas convaincant non plus. Elle est arrivée à la conclusion qu’elle devrait développer un concept pour pouvoir vraiment commencer. Elle a donc décidé de se référer à Beethoven de manière générale.

Lorsqu’on lui demande si Ludwig van Beethoven a une importance particulière pour elle personnellement, Aglaia Graf répond par une autre question: «Y a-t-il un-e musicien-ne pour qui Beethoven n’aurait pas une importance particulière?». Surtout dans la vie d’un-e pianiste, il est important dès le début et vous accompagne tout au long de votre vie. «Vous grandissez avec sa musique, vous évoluez avec elle.» Il est également une référence absolue en matière de composition. «En jouant ses œuvres, on apprend indirectement beaucoup sur le travail de composition. Cela s’est passé dans mon cas également, consciemment et inconsciemment. Il a certainement laissé beaucoup de traces.»

Aglaia Graf a également vécu certaines expériences particulières avec Beethoven. «Lorsque je me penche sur ses œuvres en tant que compositrice ou pianiste, il peut m’arriver de ‹ruminer› certains petits passages durant des heures. La perception d’un petit ensemble de notes est parfois une expérience passionnante, lors de laquelle le temps s’arrête. Mais le public qui entend la pièce vit ce moment en deux secondes peut-être.»

Pour Aglaia Graf, il n’y a pas que l’aspect analytique qui soit passionnant. «Beethoven avait, probablement plus que n’importe quel compositeur, le sens de la perception temporelle de sa musique par l’auditeur. En tant que compositeur-trice, il peut aisément arriver – parce que vous passez beaucoup de temps avec si peu de notes – qu’on devienne trop complexe et qu’on en fasse trop.» Pour l’auditeur-trice, il n’est souvent pas possible de percevoir la totalité de ces informations dans le peu de temps disponible pour l’écoute. Avec Beethoven, ce problème ne se pose pas, et cela l’a toujours fascinée. «Lorsque vous êtes au concert, vous pouvez littéralement voir, ou plutôt entendre, comment un édifice est érigé, pierre après pierre. Cela m’a fortement marquée, en tant que musicienne, compositrice et en tant qu’être humain.»

Une fois la décision prise de se référer pour sa composition à Beethoven de manière générale, Aglaia Graf a progressé rapidement. Elle a développé un concept de plusieurs séquences basées dans chaque cas sur deux ou trois motifs ou thèmes inspirés par une œuvre de Beethoven. «Cela pourrait également être captivant pour le public: comme un petit jeu d’écoute consistant à se demander de quelle pièce de Beethoven est inspiré tel passage.» Elle a commencé à réfléchir aux motifs et thèmes qui pourraient être utilisés: «Lesquels se trouvent dans ma mémoire, lesquels dans celle du public, afin de garantir un effet de reconnaissance». A partir de là, elle a effectué une sélection et a examiné quels étaient ceux qui conviendraient à tel ou tel mouvement, de sorte qu’il en résulte un ordre cohérent.

Tout d’abord, Aglaia Graf pensait utiliser ces motifs et thèmes uniquement comme points de départ. «Mais, pour le dernier mouvement, des variations sont apparues.» Celles-ci font référence au thème du dernier mouvement du «Trio Gassenhauer» – par lequel se termine le cercle des Six variations d’un air suisse, de Beethoven. «Ma première séquence se réfère en outre au premier mouvement du ‹Trio Gassenhauer›, mais ne propose pas de variations, à l’instar des autres séquences.» Aglaia Graf fait remarquer qu’elle n’a bien sûr pas repris les motifs de Beethoven sans y apporter des adaptations. Dans le thème du dernier mouvement du «Trio Gassenhauer», rappelant un air populaire, elle n’a bien entendu pas repris la mélodie comme élément dominant, mais «le rythme et le caractère, avec une légère modification –là où l’original est dansant-populaire, ma version est plutôt humoristique.»

Au début de l’année 2020 déjà, il était prévu que j’écrive quatre brefs trios pour piano, violoncelle et clarinette. «Ma dernière commande de composition était pour clarinette solo; j’étais donc déjà dans ce genre de timbre. En outre, je joue en duo avec le violoncelliste britannique Benjamin Gregor-Smith. Cette instrumentation ne m’était donc pas inconnue; en outre, Beethoven a écrit pour cette instrumentation, justement ce ‹Trio Gassenhauer› très connu.»

Au moment de l’entretien, à la mi-mars 2020, elle avait déjà écrit pour cette instrumentation de grandes parties des premier, deuxième et quatrième mouvements – «même si, dans certains cas, ils ne sont qu’à l’état d’ébauche dans mon esprit», précise-t-elle en riant. «Le premier mouvement est terminé, également sous forme de partitions avec tous les détails; pour les deux autres mouvements, les partitions sont en cours d’écriture. Le minutieux travail de notation, qui est pourtant depuis longtemps clair dans ma tête, prend presque plus de temps que la composition elle-même.» Pour le troisième mouvement, elle envisage une sorte d’interlude avant le dernier mouvement, et cela probablement pour violoncelle solo. Pour les parties de la composition qui ne se basent pas sur des motifs, «j’ai utilisé, en particulier dans le premier mouvement, certains éléments de composition très importants chez Beethoven ou dans la musique classique en général».

Aglaia Graf est née à Bâle en 1986. Elle y a obtenu son diplôme de virtuosité avec mention et a poursuivi ses études à Vienne et Paris. Elle a fréquenté des classes de maître d’Andràs Schiff, Paul Badura-Skoda, Dimitri Bashkirov, Klaus Hellwig, entre autres. Depuis l’âge de 15 ans, elle a composé de nombreuses œuvres, surtout pour piano et violoncelle/piano. Elle dirige une classe de piano à l’Académie de musique de Bâle et donne des classes de maître, comme par exemple en Russie récemment. Elle a été lauréate en 2006 du Prix d’encouragement culturel européen. www.aglaiagraf.com
Réflexions suisses sur Beethoven: un projet des Murten Classics et de SUISA à l’occasion du 250e anniversaire de Ludwig van Beethoven

Entre la Suisse et Ludwig van Beethoven, les liens semblent ténus. Mais le compositeur a tout de même écrit «Six variations faciles d’un air suisse», en se basant sur la chanson populaire alémanique «Es hätt e Bur es Töchterli». Ce fut le point de départ d’un projet du festival estival Murten Classics en collaboration avec SUISA, consistant en des commandes de composition à huit compositrices et compositeurs suisses de différentes générations, esthétiques et origines.

Oscar Bianchi, Xavier Dayer, Fortunat Frölich, Aglaja Graf, Christian Henking, Alfred Schweizer, Marina Sobyanina et Katharina Weber ont été invité-e-s à s’inspirer des variations ou de la chanson populaire utilisée par Beethoven, ou encore de Beethoven d’une manière plus générale. Les compositions ont été écrites pour l’Ensemble Paul Klee, permettant l’instrumentation suivante: flûte (également piccolo, flûte alto ou flûte basse), clarinette (soprano ou en la), violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano.

Kaspar Zehnder, qui a été directeur artistique des Murten Classics durant 22 ans, était l’initiateur de ce projet qui a débuté en 2019. En raison de la crise du coronavirus et des mesures prises par les autorités, la 32e édition, prévue pour août 2020, n’a pu avoir lieu, ni d’ailleurs le festival de remplacement planifié durant les mois d’hiver. Les huit compositions de ce projet ont néanmoins été jouées et enregistrées le 21 janvier 2021 lors de la «Journée SUISA» au KIB à Morat. Les enregistrements ont été diffusés sur SRF 2 Kultur dans l’émission «Neue Musik im Konzert». Ils sont également publiés sur la plateforme Neo.mx3. Le projet est documenté en ligne avec diverses contributions multimédias sur le SUISAblog et les médias sociaux de SUISA.

www.murtenclassics.ch

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