Extrait du rapport de gestion 2021: De l’élaboration de la législation à son application

Le département «Regulations» de SUISA s’occupe des affaires juridiques. Cela commence par une implication dans nos différentes actions politiques concernant la législation, passe par les négociations tarifaires et l’élaboration du règlement de répartition, et finit par l’application des règles en cas de litiges. Différents thèmes ont été au cœur des activités de ce département en 2021. Texte de Vincent Salvadé

Extrait du rapport de gestion 2021

Le rapport de gestion 2021 contient les informations et chiffres importants concernant l’exercice 2021 de la coopérative et du groupe SUISA. (Photo: SUISA)

1. Législation

Dans le rapport de l’année dernière, nous avions signalé l’initiative du Conseiller national Philippe Nantermod, qui demandait une exception au droit d’auteur lorsque des œuvres protégées sont utilisées dans des chambres d’hôtels et lieux semblables. Cette initiative parlementaire revenait sur une disposition que le Conseil national et le Conseil des Etats avaient rejetée en septembre 2019, dans le cadre de la révision de la loi sur le droit d’auteur. Le Conseil national avait acceptée l’initiative le 3 mars 2021. Pour nous, cela était inadmissible. En effet, il n’y avait aucune raison de réviser la loi après si peu de temps, alors qu’elle reposait sur un compromis. Pour parvenir à une solution, les milieux artistiques avaient fait d’importantes concessions. Ils auraient donc été grugés si l’on était revenu unilatéralement sur certains aspects. Sans compter que l’initiative était contraire au droit international. Dès lors, soit elle exposait la Suisse à un risque des sanctions économiques, soit elle l’obligeait à limiter l’exception aux œuvres et prestations de ressortissants suisses afin de ne pas violer les traités internationaux. Il y aurait alors eu une discrimination flagrante des artistes de notre pays par rapport aux artistes étrangers. Heureusement, l’initiative a été rejetée par le Conseil des Etats au début mars 2022, ce qui a définitivement clôt le dossier.

La révision du code de procédure civile nous a aussi occupés. Un temps, elle a menacé de rendre la tentative de conciliation obligatoire, avant l’introduction de toute action judiciaire en paiement de droits d’auteur jusqu’à CHF 30 000.—. Dans un procès, il est souvent utile et opportun d’essayer de trouver un arrangement. Mais les sociétés de gestion doivent respecter l’égalité de traitement et leurs tarifs sont contraignants. Dès lors, leur marge de manœuvre pour proposer ou accepter une solution à l’amiable est souvent limitée. Dans ces conditions, nous avons milité pour que la procédure de conciliation soit facultative, ce qui permettra d’éviter des coûts inutiles lorsqu’un arrangement ne paraît pas possible. Le dossier semble en bonne voie, bien que la révision du code de procédure civile ne soit pas encore sous toit à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Juste avant Noël, le Conseil fédéral a publié un rapport en réponse à un postulat qui le priait d’évaluer l’efficacité de la révisiondu droit d’auteur (entrée en vigueur le 1er avril 2020). Globalement, le gouvernement est assez positif. Il relève notamment que les nouvelles mesures de lutte contre le piratage semblent avoir eu un effet dissuasif et que les critiques des ayants droit ont diminué. En revanche, le Conseil fédéral est plus nuancé au sujet du nouveau modèle de la licence collective étendue: celui-ci permet aux sociétés de gestion de délivrer une licence globale pour tout un répertoire (même pour le compte d’ayants droit qu’elles ne représentent pas contractuellement), mais il n’aurait pas encore développé tout son potentiel. Dans ce contexte, on saluera donc l’intention de la Suisse de suivre les discussions internationales: une réglementation à ce niveau serait en effet nécessaire pour que la licence collective étendue soit utilisée aussi pour des exploitations multi-territoriales.

2. Tarifs

En ce qui concerne les négociations tarifaires, nous avons eu la satisfaction de conclure deux accords importants en 2021.

Tout d’abord, nous nous sommes entendus avec nos partenaires sur un nouveau tarif commun 4i, concernant la copie privée sur les mémoires des appareils numériques. Celui-ci prévoit une extension de la redevance aux laptops et aux disques durs externes. Le tarif est actuellement soumis à l’approbation de la Commission arbitrale fédérale et devrait entrer en vigueur le 1er juillet 2022. Il permettra une importante augmentation de nos recettes relatives aux supports vierges. Par ailleurs, nous poursuivrons en 2022 les négociations sur un nouveau tarif pour les copies privées réalisées dans le «cloud» (c’est-à-dire sur des serveurs situés à distance). Ces discussions avaient été suspendues en automne 2021, dans l’attente d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union Européenne sur une redevance semblable en Autriche. Celui-ci a maintenant été rendu, à la fin mars 2022, dans un sens favorable aux ayants droit.

Dans un autre domaine, nous avons terminé en 2021 nos négociations sur un nouveau tarif commun Z, concernant les cirques. Notre objectif était de mieux délimiter le champ d’application de ce tarif par rapport à celui du tarif commun K, applicable aux concerts mais aussi à divers spectacles. Dorénavant, le tarif commun Z, meilleur marché, sera réservé à certaines représentations clairement définies. Le nouveau tarif a été approuvé par la Commission arbitrale le 8 novembre 2021.

3. Règlement de répartition

Au printemps 2021, les modifications du règlement de répartition décidées à la fin 2020 par le Conseil de SUISA ont toutes été approuvées par l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle (IPI). Le nouveau système de répartition pour la copie privée a donc été mis en œuvre pour la première fois en septembre 2021.

Par ailleurs le Conseil de SUISA a adopté en 2021 trois révisions du règlement concernant les droits en ligne. La première règle la situation où une plateforme en ligne ne fournit pas suffisamment d’informations sur les œuvres qu’elle utilise; dans ce cas, la répartition sera effectuée sur la base d’informations remises par d’autres plateformes utilisant un répertoire semblable. La deuxième révision concerne les «residuals», c’est-àdire les montants payés par les fournisseurs/-euses en ligne «pour solde de tous comptes», concernant des œuvres qui n’ont été revendiquées par aucune société de gestion. A partir de la fin 2021, ces «residuals» ont pu être répartis aux ayants droit sous forme de suppléments sur leurs décomptes pour les utilisationscourantes. Enfin, la troisième révision concerne «Play Suisse», la plateforme de vidéo à la demande (VoD) de la SSR. Le Conseil de SUISA a décidé qu’une partie des montants payés par la SSR en application du tarif A serait désormais affecté à la classe de répartition 22S, qui règle la VoD. Cette partie est calculée en fonction des coûts investis pour «Play Suisse» par rapport aux coûts totaux de la SSR.

A relever que la troisième révision doit encore être approuvée par l’IPI. Celui-ci a exigé préalablement un complément au tarif A. La SSR étant d’accord, le dossier a été transmis à la Commission arbitrale au printemps 2022 et nous espérons qu’il pourra bientôt trouver une issue favorable.

4. Autorité de surveillance

Enfin, il faut signaler deux affaires pour lesquelles, depuis l’automne passé, nous avons des divergences avec notre Autorité de surveillance, l’IPI. Les deux concernent les rapports entre la gestion collective «classique», surveillée par la Confédération, et la gestion des droits libéralisée pour le domaine «online». Dans la première affaire, l’IPI s’est opposé à des garanties données par SUISA pour un prêt bancaire en faveur de Mint, la société commune créée par SUISA et SESAC pour la gestion des droits «online»; dans la seconde, l’IPI est intervenu contre une action de «cross selling», par laquelle SUISA avait informé ses clients du tarif commun 3a (musique de fond) qu’une autre licence était nécessaire s’ils utilisaient de la musique sur leurs sites Internet ou sur leurs pages dans les réseaux sociaux.

Dans les deux cas, nous avons recouru au Tribunal administratif fédéral. En ce qui concerne le premier, nous avons mis en avant l’intérêt des membres de SUISA au bon fonctionnement de Mint. En effet, cette société commune a pour but d’unir le répertoire suisse à d’autres répertoires, afin d’avoir plus de poids pour négocier avec des géants comme Google, Apple ou Spotify. L’octroi des garanties à Mint sera soumis à l’Assemblée générale 2022, ce qui devrait permettre de mettre fin à la procédure. Dans la deuxième affaire, l’IPI a considéré que la protection des données s’opposait à l’information donnée par SUISA et que l’action était trompeuse, la gestion collective classique et celle des droits «online» suivant des règles différentes. Nous pensons ici que l’IPI a outrepassé ses compétences et a interprété les règles légales en ignorant les réalités quotidiennes de la gestion collective. Nous attendons maintenant l’arrêt du Tribunal administratif fédéral.

Ces deux affaires posent en réalité une question importante: jusqu’où SUISA peut-elle aller pour, à la fois, respecter ses obligations de société monopolistique dans certains domaines, et faire face aux réalités d’un marché libéralisé dans d’autres domaines ? Nous avons besoin que l’autorité de surveillance apporte une réponse praticable à cette question. Sinon, ce sont les membres de SUISA qui risquent d’en souffrir.

Rapport de gestion 2021
Le rapport de gestion 2021 contient les informations et chiffres importants concernant l’exercice 2021 de la coopérative et du groupe SUISA. Des articles informatifs mettent en lumière les revenus, les développements politiques et les négociations collectives de l’année passée. L’année 2021 a de nouveau été fortement marquée par la pandémie de coronavirus et ses conséquences sur le secteur de la musique. Découvrez également dans le rapport de gestion 2021 ce que cela a signifié pour les membres et les clients/es de SUISA.
www.suisa.ch/rapportdegestion
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Espoir et engagement

L’année 2022 fait naître l’espoir de vaincre la pandémie et donc, surtout, d’améliorer la situation de travail pour nos membres. Des concerts de plus grande envergure devraient à nouveau être possibles cet été, et le public se montre de plus en plus intéressé à assister à des festivals et des concerts. Certains festivals et événements ont ainsi affiché rapidement complet ce printemps. Une excellente nouvelle! Par Andreas Wegelin, CEO

Espoir et engagement

Andreas Wegelin, CEO de SUISA. (Photo: Lisa Burth)

Pour la première fois en deux ans, les membres de SUISA pourront se réunir à nouveau avec le Conseil, la Direction et les collaborateurs à l’occasion de l’Assemblée générale de SUISA, le 17 juin prochain. En tant que membre avec droit de vote, saisissez cette opportunité et engagez-vous pour notre cause commune, à savoir garantir un salaire approprié pour le travail des autrices et auteurs.

Grâce à l’engagement des collaboratrices et collaborateurs de SUISA et à la bonne collaboration avec nos clientes et clients, les utilisatrices et utilisateurs de musique, l’exercice 2021 ne connaît globalement qu’une légère baisse par rapport à l’exercice record de 2019. Les plus grandes pertes ont été enregistrées pour les exécutions musicales en «live». Etant donné que les concerts ne pouvaient avoir lieu, SUISA a octroyé peu de licences et encaissé moins de redevances de droits d’auteur. Avec beaucoup de patience et d’engagement, les collaboratrices et collaborateurs ont néanmoins tout mis en œuvre pour que les utilisations de musique soient licenciées de manière aussi complète que possible. En votre nom aussi, nous leur adressons nos sincères remerciements.

Grâce à l’engagement de beaucoup d’entre vous, ainsi que de politiciennes et politiciens, il a également été possible récemment de parer une attaque contre le paiement d’une redevance. Le 8 mars 2022, le Conseil des États a définitivement rejeté l’initiative parlementaire Nantermod. Cette initiative demandait que les hôtels ne soient plus assujettis à une redevance pour la diffusion d’émissions radio et TV dans les chambres. Cela aurait privé les autrices et les auteurs d’au moins 1 million de francs de revenus.

La situation en Europe, avec la guerre en Ukraine, nous inquiète. Nous ne pouvons tolérer que les biens culturels soient détruits sans raison et que la coexistence pacifique entre les peuples soit rendue impossible. Engageons-nous pour que la musique triomphe de la barbarie ! Il est possible de soutenir nos collègues ukrainiens par le biais de l’action d’aide lancée #creatorsforUkraine, par notre association faîtière, la CISAC, et de leur donner ainsi de l’espoir.

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Redevances pour les copies privées: un nouveau tarif valable dès le 1er juillet 2022 (TC 4i)

Copier de la musique, des vidéos et des livres électroniques pour un usage privé: en Suisse, les consommateurs ont cette liberté de longue date. Depuis quelques années, les ayants droit sont indemnisés pour les copies sur smartphones et tablettes; à partir de cet été, ils obtiendront également une rémunération en cas de copies sur des ordinateurs portables et sur des disques durs externes. Texte dʼAnke Link

Redevances pour les copies privées: un nouveau tarif valable dès le 1er juillet 2022 (TC 4i)

Dès juillet 2022, avec lʼextension du tarif commun 4i, les ayants droit obtiendront également des redevances en cas de copie privée de leurs œuvres sur des laptops et des disques durs externes. (Photo: Rawpixel / Shutterstock.com)

Il y a 30 ans, la possibilité de copier de la musique sur des cassettes audio a ouvert la voie à la solution légale dʼune redevance pour les copies privées. Depuis lors, la loi suisse sur le droit dʼauteur autorise la réalisation de copies dʼœuvres protégées, pour une utilisation dans un cercle privé. La palette des supports vierges soumis à rémunération sʼest élargie au fil des évolutions technologiques; aujourdʼhui, ce sont principalement les mémoires numériques intégrées dans des appareils tels que smartphones, tablettes ou ordinateurs portables qui sont pertinentes.

En contrepartie des nombreuses possibilités de stockage de musique, de films et dʼautres œuvres, les auteurs et interprètes de musique, les réalisateurs de films, les écrivains, etc. ont en vertu de la loi droit à une rémunération pour ces copies privées.

La redevance en question doit être payée par les fabricants et importateurs de supports dʼenregistrement et de stockage. Les sociétés de gestion négocient régulièrement avec les associations de ces entreprises le montant de la redevance et les supports/mémoires pour lesquels elle doit être payée. La redevance pour les copies privées est ensuite encaissée par SUISA sur la base de ce quʼon appelle des «tarifs communs», pour lʼensemble des sociétés de gestion suisses, puis réparties aux ayants droit.

Redevance pour les copies privées sur laptops et disques durs externes

Lʼété dernier, les associations et les sociétés de gestion ont trouvé un accord prévoyant quʼà partir du 1er juillet 2022 les mémoires des ordinateurs portables et des notebooks ainsi que les disques durs externes seraient également considérés comme des supports vierges soumis à la redevance. Ces mémoires tombent donc nouvellement également dans le champ dʼapplication du tarif commun 4i (TC 4i). Pour les disques durs externes, il importe peu quʼil sʼagisse de disques durs magnétiques (Hard Disk Drives) ou dʼune autre technologie de stockage (Solid State Drive), ou encore dʼune combinaison des deux. Il suffit simplement quʼils soient destinés à être connectés à des ordinateurs personnels (ordinateurs de bureau, ordinateurs portables, notebooks ou tablettes). Cette connexion peut se faire par câble (par exemple USB ou Firewire) ou via des connexions telles que BUS ou PCI utilisant des connecteurs de lʼordinateur personnel. Sont considérées comme disques durs externes toutes les extensions de mémoire pour ordinateurs personnels, quʼelles soient connectées depuis lʼextérieur de lʼordinateur ou intégrées dans celui-ci. Par contre, les disques durs de type «server grade» ne sont pas soumis à redevance; ils sont destinés à lʼinfrastructure de serveurs des entreprises.

Contrairement à lʼancien tarif, qui prévoyait encore des redevances différentes selon la catégorie dʼappareils, des redevances uniformes sʼappliqueront à partir du 1er juillet 2022 à presque toutes les mémoires couvertes par le tarif. Les redevances ont été basées sur les prix des appareils ou des disques durs externes ainsi que sur le degré dʼutilisation des mémoires respectives dans le cadre de la copie privée. Sur cette base, des montants de redevances uniformes ont été calculés et négociés, qui ne dépendent plus que de la capacité de stockage et sʼappliquent par appareil ou par disque dur externe. Seuls les lecteurs MP3 font lʼobjet de redevances séparées:

Pour les lecteurs MP3 et similaires:

Capacité de mémoire Par appareil
Jusquʼà et y compris 4 GO CHF 2.40
Jusquʼà et y compris 8 GO CHF 4.20
Jusquʼà et y compris 16 GO CHF 4.70
Jusquʼà et y compris 32 GO CHF 7.80
Plus de 32 GO CHF 12.40

Pour tous les autres appareils couverts par le TC 4i et pour les disques durs externes:

Capacité de mémoire Par appareil / disque dur
Plus de 16 GO jusquʼà et y compris 32 GO CHF 2.10
Jusquʼà et y compris 64 GO CHF 2.90
Jusquʼà et y compris 128 GO CHF 3.85
Jusquʼà et y compris 256 GO CHF 4.80
Jusquʼà et y compris 512 GO CHF 5.60
Jusquʼà et y compris 1 TO CHF 6.50
Jusquʼà et y compris 2 TO CHF 7.50
Plus de 2 TO CHF 8.30

A lʼexception des lecteurs MP3, les redevances ne sont dues que pour les appareils ou les disques durs externes dʼune capacité de mémoire supérieure à 16 GO. Pour les disques durs externes, la redevance maximale est de CHF 4.50, même en cas de capacité de stockage très élevée. Il est ainsi tenu compte du fait que les prix des disques durs externes sont inférieurs à ceux des autres appareils couverts par la redevance. La TVA est due en plus dans tous les cas.

Déclaration des mémoires soumises à redevance

Malgré une redevance uniforme pour presque toutes les mémoires, il est important, pour que les montants perçus soient correctement répartis aux ayants droit, que les fabricants et importateurs fassent une distinction par catégorie dʼappareils lors de leur déclaration des mémoires soumises à redevance. En effet, les ordinateurs portables, les tablettes et les disques durs externes sont par exemple plus souvent utilisés pour copier des films que les smartphones. Dans ces conditions, les redevances perçues pour les mémoires en question doivent être réparties différemment des redevances perçues pour les smartphones. Ce nʼest quʼainsi que les auteurs et autres ayants droit pourront recevoir les montants qui leur sont dus. A partir de juillet 2022, SUISA mettra à la disposition de ses clients des formulaires de déclaration appropriés, qui serviront de base à la facturation.

Cette extension du TC 4i permet aux consommateurs de continuer à copier sans mauvaise conscience leurs œuvres préférées sur les appareils de leur choix et dʼindemniser ainsi les personnes qui les créent.

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Dès juillet 2022, avec lʼextension du tarif commun 4i, les ayants droit obtiendront également des redevances en cas de copie privée de leurs œuvres sur des laptops et des disques durs externes. (Photo: Rawpixel / Shutterstock.com)

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Musique dans les jeux électroniques: licences et avenant au contrat de gestion

Un jeu électronique silencieux? Tout simplement inimaginable! La musique constitue souvent un élément clé d’un jeu. De nombreux jeux sont d’ailleurs devenus des succès précisément grâce à la musique, et souvent, une bande-son est même publiée séparément. Comment procéder en matière de licence pour la musique dans ce type de jeux, et qu’en est-il du nouvel avenant au contrat de gestion sur cette question? Texte de Michael Wohlgemuth

Musique dans les jeux électroniques: licences et avenant au contrat de gestion

Coin jeux dans un café Internet: à chaque jeu son identité sonore. (Photo: OHishiapply / Shutterstock.com)

L’industrie des jeux connaît une croissance forte et continue depuis bien des années. La crise du coronavirus a donné un coup de pouce supplémentaire à ce secteur. Jamais auparavant autant de personnes n’avaient consommé de jeux, que ce soit sur smartphone, tablette, console ou PC.

Bien que la musique occupe une place importante dans ce succès, les producteurs de jeux n’ont jusqu’à présent collaboré qu’occasionnellement avec les sociétés de gestion collective. En lieu et place, ils ont plutôt tendance à collaborer avec des artistes qui ne sont pas affiliés à une société de gestion, afin de pouvoir conclure ce qu’on appelle des accords de «buy-out».

C’est encore largement le cas aujourd’hui. Afin de permettre à ses membres d’avoir les meilleures chances possibles face à la concurrence sur ce marché florissant, SUISA a créé un nouvel avenant au contrat de gestion.

Buy-out
Dans le cas d’un «buy-out», l’auteur cède tous les droits d’utilisation de son œuvre au producteur contre un unique versement fixé par contrat. Ainsi, une fois le montant payé, les auteurs ne perçoivent plus aucun revenu provenant des droits d’auteur ou des droits voisins. Les membres des sociétés de gestion ne peuvent donc en principe pas conclure de «buy-out», car ils ont confié la gestion de leurs droits d’utilisation à la société de gestion, et l’objectif d’une société de gestion collective est précisément de faire valoir des droits d’auteur pour son membre à chaque nouvelle utilisation d’une œuvre. Dans le cas des jeux, un compromis est donc nécessaire (voir texte).

Les principes généraux

Quels droits musicaux un producteur de jeux doit-il acquérir?

Pour la production et la réalisation d’un jeu, un producteur a besoin des droits suivants:

  • Droit de synchronisation: le droit d’associer une œuvre musicale à une œuvre audiovisuelle (ici: le jeu). Un membre SUISA (ou sa maison d’édition) peut régler ce droit directement avec le producteur du jeu.
  • Droits de reproduction et droits de distribution physique: ces droits sont nécessaires pour reproduire une œuvre musicale sur un support audiovisuel/de données et pour vendre ensuite ce support. Les droits de reproduction et de distribution physique sont gérés par SUISA. Par le biais du nouvel avenant au contrat de gestion, ces droits peuvent être exclus du contrat de gestion (informations complémentaires à ce sujet sous «Nouvel avenant au contrat de gestion pour membres SUISA»).
  • Droits online (téléchargement/streaming): aujourd’hui, la plupart des jeux sont vendus sur Internet et téléchargés par l’acheteur. Pour la mise à disposition en vue du téléchargement, les producteurs de jeux ou leur distributeur en ligne (par exemple les plateformes «Steam» ou «Origin») ont besoin d’une licence de téléchargement.
    Il existe également des jeux qui ne peuvent être joués qu’en streaming, par exemple dans un navigateur. Dans ce cas, une licence de streaming est nécessaire.
    Ces droits online sont gérés par SUISA. Ils ne peuvent pas être exclus par l’avenant au contrat de gestion.
  • Droits voisins: les droits voisins sont les droits des interprètes et les droits sur l’enregistrement. Ensemble, ces droits sont souvent également appelés «master rights».
    Si un artiste joue lui-même la composition et produit l’enregistrement, il peut céder ces droits personnellement en tant qu’interprète et producteur de phonogrammes directement au producteur du jeu pour toutes les utilisations. Si tel n’est pas le cas, le détenteur des «master rights» doit veiller à ce que ceux-ci soient licenciés de manière séparée pour le producteur du jeu. SUISA ne gère pas ces droits.

En cas de questions d’ordre juridique en lien avec les jeux, veuillez s.v.p. vous adresser à notre service juridique: legalservices (at) suisa (dot) ch

Nouvel avenant au contrat de gestion pour membres SUISA

Comme mentionné ci-dessus, les producteurs de jeux ont l’habitude de travailler avec des «buy-out». A bien des reprises, cette situation a conduit à ce que des membres SUISA soient désavantagés sur le marché de la musique de jeux en raison de leur affiliation à SUISA: les producteurs de jeux ont tendance à préférer travailler avec des auteurs qui ne sont pas affiliés à une société de gestion collective et qui peuvent disposer plus librement de leurs droits.

Le nouvel avenant a pour but de limiter ce désavantage concurrentiel pour nos membres, tout en maintenant les principes de base de la gestion collective. Les «buy-out» n’étant pas compatibles avec les principes de base d’une rémunération équitable et liée à l’utilisation, SUISA a opté pour un compromis.

Avec le nouvel avenant au contrat de gestion, il est désormais possible pour les membres SUISA de régler en un seul paquet les droits de synchronisation, de reproduction et de distribution de compositions de commande directement avec les producteurs de jeux. Les utilisations telles que téléchargements et streamings doivent néanmoins encore être gérées par SUISA – comme c’est le cas dans le domaine des films par exemple.

Tous les autres droits d’utilisation restent auprès de SUISA, comme défini dans le contrat de gestion. Par conséquent, si une musique de jeu est un jour diffusée à la radio ou jouée lors d’une manifestation, SUISA fera valoir les droits du membre/compositeur.

Les conditions concrètes pour que les droits de reproduction et de distribution puissent être exclus du contrat de gestion sont les suivantes:

  • Il doit s’agir d’une composition de commande. Les œuvres préexistantes déjà publiées ne peuvent être exclues du contrat de gestion.
  • Une fois la commande passée, la société de gestion doit être informée des points suivants:
    • titre de l’œuvre musicale et du jeu,
    • durée de l’œuvre musicale,
    • nom et adresse du mandant,
    • nom et adresse du producteur du jeu,
    • genre de jeu et finalité de celui-ci.
  • Il ne doit pas s’agir d’un jeu utilisé par une entreprise à des fins publicitaires ou de sponsoring, ou dans le cadre de présentation d’informations sur elle-même, ses produits ou ses services.

L’avenant peut être obtenu auprès de notre Division Membres: authors (at) suisa (dot) ch

Licences et tarifs

Quelles sont les tarifs appliqués par SUISA dans le domaine des utilisations en ligne?

Plateformes en ligne (national*)

Ces taux s’adressent aux plateformes en ligne qui proposent des jeux en téléchargement ou en streaming.

Downloads 2% des recettes totales Redevance minimale:
CHF 500.00 par 100 000 téléchargements/streams
Abonnements 2% des recettes totales Redevance minimale:
CHF 0.15 par abonné par mois

* les plateformes internationales telles que Steam, Uplay, Playstation Store, etc. obtiennent des licences par l’intermédiaire de notre société affiliée SUISA Digital Licensing SA.

Autres utilisations en ligne (p.ex. jeu en live/en streaming ou par browser)

Les taux de licence suivants s’appliquent uniquement si le producteur/éditeur du jeu distribue lui-même le jeu (par exemple via son propre site web).

En général 2% des recettes totales Redevance minimale:
A. Musique uniquement dans le menu du jeu et dans les séquences intro/outro
CHF 400.00 par 100 000 téléchargements/streams
B. Jeux avec musique de fond durant le jeu («in-game»)
CHF 500.00 par 100 000 téléchargements/streams
C. Jeux avec de la musique à l’honneur
CHF 600.00 par 100 000 téléchargements/streams
Jeux publicitaires 2% des recettes totales Redevance minimale:
A. Musique uniquement dans le menu du jeu et dans les séquences intro/outro
CHF 800.00 par 100 000 téléchargements/streams
B. Jeux avec musique de fond durant le jeu («in-game»)
CHF 1000.00 par 100 000 téléchargements/streams
C. Jeux avec de la musique à l’honneur
CHF 1200.00 pro 100 000 téléchargements/streams

Quels sont les tarifs appliqués par SUISA dans le domaine des droits de reproduction et de distribution?

Etant donné qu’un jeu est une production audiovisuelle, le tarif VI s’applique. Les éléments clés de ce tarif sont les suivants:

Production physique en vue de la vente

  • 3,3% du prix de vente au détail ou des coûts (si le jeu est remis gratuitement).
  • 4,4% du prix facturé («Actual invoiced price» = AIP), si lors du décompte avec SUISA, le client peut déclarer ses ventes par support audiovisuel et par période de décompte, avec le nombre d’exemplaires et les prix facturés, et qu’il passe un contrat de plusieurs années avec SUISA pour le décompte de la redevance. L’AIP est le prix de gros effectivement facturé par le client au détaillant ou, si le client ne distribue pas lui-même les supports audiovisuels, par le distributeur officiel du client.
  • Le pourcentage applicable est réduit dans la mesure suivante:
    mémoire occupée par la musique protégée : mémoire totale du support
    (exemple : 500 MO de musique protégée : 2000 MO de mémoire pour le support = réduction de la redevance de 75%)
  • Redevance minimale:
    29 centimes par jeu contenant de la musique, indépendamment de sa durée.
    2,2 centimes par minute de musique et par support audiovisuel, toutefois au maximum 29 centimes par support audiovisuel si le client donne des indications exactes à SUISA sur la musique contenue dans le jeu.

Cas particulier: musique de commande par des membres SUISA

Si un membre SUISA compose une œuvre de commande pour un jeu et qu’il a signé l’avenant «Jeux» au contrat de gestion avec SUISA, il peut négocier la redevance directement avec le producteur du jeu et SUISA ne doit pas être impliquée.

Suppléments «Production Music»

Si de la «Production Music» gérée par SUISA est utilisée, les suppléments suivants s’appliquent:

  • pour le droit de synchronisation: 50%
  • pour les droits voisins:
    • si le jeu est distribué uniquement en Suisse et au Liechtenstein: 50% sur la somme des redevances pour les droits de reproduction selon tarif VI (voir plus haut) et les droits de synchronisation.
    • si le jeu est distribué à l’international: 100% sur la somme des redevances pour les droits de reproduction selon tarif VI (voir plus haut) et les droits de synchronisation.

Pour obtenir une licence pour un jeu ou en cas de question à ce sujet, veuillez s.v.p. contacter notre service clientèle: customerservices (at) suisa (dot) ch

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Deux ans de pandémie sans trop d’impact financier pour SUISA – nouveaux défis

Après deux années complexes pour SUISA et les auteurs/-trices et éditeurs/-trices en raison de la pandémie mondiale de coronavirus, les temps à venir s’annoncent encore difficiles. Une guerre en Europe détruit les fondements de la cohabitation pacifique. La culture, et donc les créateurs de musique, sont appelés à jouer un rôle en tant qu’élément unificateur et pacificateur. Texte dʼAndreas Wegelin

Deux ans de pandémie sans trop d’impact financier pour SUISA – nouveaux défis

Face à la guerre en Ukraine, il est bon de se rappeler que la musique représente un élément rassembleur et pacificateur du vivre-ensemble. (Photo: Oleh Dubyna / Shutterstock.com)

En dépit des interdictions d’événements musicaux ordonnées par les autorités, SUISA a malgré tout obtenu un résultat honorable au cours des deux dernières années. Dans son ensemble, la baisse des recettes n’est que de 10% pour les années 2020 et 2021 par rapport à l’excellent résultat enregistré en 2019. Parallèlement, nous avons pu réaliser des économies du côté des coûts, notamment grâce à l’automatisation accélérée des processus. Cela a ainsi permis de stabiliser le recul de la somme d’argent à répartir, qui est de 1% supérieure à 2020. Les recettes annexes nous permettent par ailleurs d’effectuer à nouveau, en 2022, une répartition supplémentaire de 7% sur tous les décomptes en 2022.

L’Assemblée générale de 2020 a approuvé la création d’un fonds d’aide pour soutenir rapidement les membres qui se sont retrouvés en difficulté en raison de la pandémie et qui ont en conséquence reçu moins d’argent de la part de SUISA. Ce fonds reste en place. Les résultats de la répartition ne sont pas encore satisfaisants cette année et des demandes d’aide peuvent toujours être adressées à la Division Membres.

En période de pandémie, il était absolument primordial d’être là pour notre clientèle et nos membres, dans de nombreux cas par voie électronique, via des formulaires sur Internet, mais aussi par e-mail, et comme auparavant, par téléphone ou courrier postal. Les moyens de communication électroniques seront encore développés. Ils représentent une part centrale des bons services aux membres et à la clientèle, et ont pour objectif de permettre un contact 7j/7 et 24h/24 avec SUISA via Internet, et donc d’économiser des frais pour toutes les parties.

Investissements fructueux dans de nouveaux domaines d’activité

Aujourd’hui, la musique n’est pas seulement jouée et appréciée en live. La pandémie a révélé toute l’importance d’une diversification dans d’autres domaines de l’utilisation de la musique. De nombreuses nouvelles options de présentation et d’utilisations sur Internet, surtout par le biais du streaming, se sont implantées durant cette période, devenant des plateformes populaires pour la vente d’enregistrements musicaux.

Depuis 2016, SUISA a investi dans le développement de nouveaux domaines d’activités avec les filiales SUISA Digital Licensing et la joint-venture avec l’organisation américaine SESAC, Mint Digital Services. Mint administre désormais le répertoire de plus de 3500 éditeurs américains indépendants, de 14 sociétés de gestion de quatre continents ainsi que les droits de BMG Rights Management en Asie et en Australie. Des licences en ligne ont été conclues avec plus de 70 fournisseurs de musique à travers le monde. Les possibilités de licencier directement le répertoire de SUISA à l’étranger doivent être encore exploitées. Dans de nombreux cas, cela permet aux auteurs/-trices et aux éditeurs/-trices de SUISA d’obtenir plus rapidement des revenus plus élevés.

Nouveaux défis – guerre en Europe

L’année prochaine, SUISA fêtera son 100e anniversaire. L’AG d’anniversaire, suivie des festivités, aura lieu le vendredi 23 juin 2023 à Zurich. D’ici là, et au-delà, il faudra faire face à de nouveaux défis et continuer à développer nos services existants.

La musique peut être une composante unificatrice et pacificatrice du vivre-ensemble et, à l’avenir également, elle continuera à attirer et réjouir son public. Elle doit toutefois aussi assurer un revenu financier à ses auteurs/-trices et à ses musiciens/-iennes. La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine menace la paix en Europe. La consolidation de longue date des relations avec les pays d’Europe de l’Est et les auteurs/-trices locaux/locales risque ainsi d’être compromise. Par ailleurs, les affrontements militaires mettent gravement en péril les échanges entre les auteurs/-trices et les sociétés de gestion collective.

SUISA souhaite apporter son soutien, afin que les liens tissés avec la société-sœur en Ukraine ne soient pas rompus. SUISA a contribué avec la somme de CHF 50 000.– au fonds de soutien créé par la CISAC (Confédération internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs), afin d’assurer une aide d’urgence aux musiciens/-iennes dans les zones de guerre et la Pologne qui apporte un soutien important. Il est impératif de faire tous les efforts possibles pour trouver une solution pacifique et assurer le fonctionnement et la pérennité de la société de gestion NGO UACCR en Ukraine.

Les personnes qui condamnent aujourd’hui toute la culture russe se comportent néanmoins avec le même aveuglement que les parties en guerre. Nous croyons à la force pacificatrice de la musique et à celle de la jouer et l’apprécier ensemble, indépendamment de son pays d’origine.

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SUISA et la crise du CovidSUISA et la crise du Covid Depuis fin février 2020, l’industrie musicale est confrontée à un défi sans précédent, et elle n’est pas la seule dans ce cas. Comment se porte SUISA en tant que coopérative des auteurs et éditeurs de musique et en tant que société de gestion, dans le contexte de cette crise sanitaire qui dure depuis bientôt deux ans? Continuer
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  1. Eric dit :

    Thanks for the informative article!
    I can agree with exactly that….

    Best regards

    Eric

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Je veux faire de la publicité pour mes produits: Quelles sont les démarches à faire auprès de SUISA?

Lorsqu’une publicité est produite, plusieurs secteurs sont concernés. S’il s’agit d’une production audiovisuelle créée et/ou diffusée en Suisse, vous devez obligatoirement prendre contact avec SUISA, qui vous délivrera une autorisation pour la diffusion de votre publicité. Certaines questions peuvent se poser. Vous trouverez ici les principales réponses. Texte dʼAnne-Françoise Emery

Je veux faire de la publicité pour mes produits: Quelles sont les démarches à faire auprès de SUISA?

SUISA est un interlocuteur indispensable lors la production de spots publicitaires. (Photo : Proxima Studio / Shutterstuck.com)

La musique est un facteur de réussite essentiel pour la portée d’un spot publicitaire et donc pour le succès des ventes du produit mis en promotion. Une décision importante concerne donc le choix de la musique. Un spot avec musique n’a pas le même impact qu’un spot sans musique, de même qu’un titre connu amènera un ressenti différent. Si vous avez envie d’utiliser un morceau existant, vous devez tout d’abord obtenir l’autorisation des ayants-droit. Ces droits, de synchronisation, ne sont normalement pas gérés par SUISA, mais directement par les ayants-droit (majoritairement les éditeurs).

Il est également possible d’acheter de la musique de catalogue qui est disponible sur des sites spécialisés. Vous pouvez également faire appel à un compositeur qui créera une musique spécialement pour votre publicité. On parle ici de musique de commande.

Déclarer les spots publicitaires à SUISA

Que votre spot ait ou non de la musique, vous devez annoncer votre production à SUISA. Notre coopérative recense toutes les productions audiovisuelles et accorde les autorisations pour les droits de reproduction et d’utilisation de musique. Seulement après avoir obtenu une licence (un numéro SUISA), vous pourrez faire diffuser votre publicité à la télévision, au cinéma ou sur Internet.

Pour l’identification de votre spot, nous avons besoin des informations suivantes:

  • Les données sur le spot lui-même (titre, durée du spot);
  • celles pour la musique (titre de la musique, compositeurs, éditeurs, durée de la musique utilisée dans le spot);
  • les différentes diffusions/utilisations sur Internet prévues pour le spot;
  • les coordonnées du client.

Dès réception de ces informations, une licence vous sera rapidement accordée. Notre formulaire disponible en ligne vous permet de nous communiquer simplement ces données.

Chaque spot doit nous être annoncé, également s’il y a plusieurs versions du spot. Vous pouvez annoncer plusieurs spots dans un même formulaire.

Si votre spot a été produit à l’étranger mais qu’il y a une version arrangée pour le territoire suisse (postproduction), veuillez nous le faire savoir dans le formulaire.

Différents droits concernés

Les droits de reproduction que vous payez à SUISA vous permettent de diffuser l’enregistrement de votre spot publicitaire à la télévision, au cinéma ou sur Internet. Ces droits sont à régler une seule fois et pour toute la durée d’utilisation du support. Vous pouvez donc diffuser plusieurs fois un spot à différentes périodes, mais vous ne devez payer les droits de reproduction qu’une seule fois.

Les droits d’auteur pour la diffusion du spot à la télévision ou au cinéma est réglée par les émetteurs de télévision ou les cinémas. Vous ne payez donc pas les droits d’émission pour les diffusions «Offline» à SUISA. Il en va autrement de la diffusion sur Internet: Là, vous êtes responsable des droits de mise à disposition sur Internet (Online). La licence est calculée de manière échelonnée en fonction du média budget de la campagne publicitaire. Veuillez nous communiquer chaque nouvelle vague de la campagne.

Spots analogues, «œuvres libres de droit» et compositions de commande

Toutes les publicités doivent être annoncées, mais il y a des cas pour lesquels vous n’aurez pas de facture à payer. Les différentes versions linguistiques ou versions raccourcies sont considérées comme des spots analogues. Il n’y a donc pas de droits de reproduction à payer. Par contre, si ces spots sont mis à disposition sur Internet, les médias budgets doivent nous être annoncés et nous établirons une facture en fonction du montant de ce budget. Les spots sans musique, les spots utilisant de la musique du domaine public non arrangée ou de la musique libre de droit, n’occasionnent eux aucune redevance.

Il faut toutefois être conscient que la mention «libre de droit» peut ne concerner que certaines utilisations ou ne pas être valable sur notre territoire. Il est donc possible que vous receviez une facture alors que vous avez acheté de la musique sur un site qui vous annonce de la musique «libre de droit». Nous devons respecter les contrats que nous avons signés avec nos partenaires, et encaisser les redevances convenues si un des ayant-droit est affilié à une société de droit d’auteur. Pour éviter d’avoir l’impression de payer deux fois pour l’utilisation de la musique, il ne faut pas hésiter à bien vous renseigner auprès des fournisseurs.

De même, si vous faites appel à une personne pour qu’elle crée la musique de votre spot, la convention que vous allez signer avec elle ne concernera que le travail de création et le droit d’utiliser le morceau (droit de synchronisation), mais pas les droits d’auteur si elle est affiliée à une société de droit d’auteur. Il ne s’agit pas des mêmes droits.

Combien est-ce que ça coûte et que fait-on de l’argent?

Les montants des droits de reproduction varient selon la visibilité du spot. Le minimum (pour une diffusion locale) sera de CHF 7.— la seconde de musique. Cette même seconde de musique se montera à CHF 60.— pour les cas de diffusion nationale. Le droit de synchronisation n’est pas rémunéré. La licence doit être négociée directement avec l’ayant droit. Pour la musique de catalogue, le droit de synchronisation est inclus, avec une majoration de 50% par rapport aux tarifs des droits de reproduction. Tous les prix sont indiqués dans notre tarif (chiffre 15.1).

La licence pour la diffusion des campagnes Online consiste en un pourcentage (2,15%) du montant que vous payez pour le placement de la publicité (média-budget) mais s’élève au minimum à CHF 200.—. Plus d’information sur nos conditions de licence.

Les montants que nous encaissons sont répartis entre les créateurs de la musique (compositeur, parolier, éditeur) après déduction de 15% pour couvrir les frais administratif.

Notre équipe se tient à votre disposition pour tout renseignement supplémentaire, sur notre adresse de courriel: advertising (at) suisa (dot) ch ou par téléphone au +41 21 614 32 28 / 30.

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«Pour moi, les chansons doivent avoir une profondeur lyrique»

Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Les nominés pour cette catégorie, présentée par SUISA, sont Zian, Joya Marleen et Lo & Leduc. Nous avons demandé à Zian et Henrik Amschler quel rôle jouent les paroles dans la chanson intitulée «Show You». Interview de Markus Ganz, contributeur invité

Zian et Henrik Amschler: «Pour moi, les chansons doivent avoir une profondeur lyrique»

Zian (à gauche) et Henrik Amschler. (Photos: Jen Ries; Nina Müller)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Zian: Pour moi, c’est évident: les paroles sont essentielles pour définir la durée d’une chanson. Toutes les chansons qui sont écoutées et réécoutées pendant des décennies ont aussi une profondeur lyrique. C’est pourquoi les paroles sont extrêmement importantes. À court terme, la musique est tout aussi importante, ce qui explique la répartition des droits d’auteur auprès de SUISA. Mais à plus long terme, les paroles prennent le dessus en raison de la profondeur qu’elles impliquent.

La musique ou le son est-il donc plus éphémère que de belles paroles?

Zian: Je pense que le son met surtout en valeur les paroles. La personne qui écoute doit se retrouver dans un son qui accompagne les paroles. Les paroles seules peuvent certes être comprises comme de la poésie, si elles sont de bonne qualité. Mais nous avons pour objectif de raconter en trois minutes une histoire qui s’est peut-être déroulée sur plusieurs années.
Henrik Amschler: Je pense que l’évanescence a du bon. Les paroles en soi ne sont pas aussi éphémères que la musique, qui suit toujours les tendances. Mais cela dépend beaucoup des artistes et du genre de leur musique: pour la dance music par exemple, les paroles n’ont pas besoin d’être profondes. Elles doivent inciter à danser. En revanche, pour des artistes comme Zian, le message de la chanson est primordial et traverse donc le temps.

Avec des paroles en anglais, vous élargissez le cercle des auditeurs potentiels. Mais lors de l’écriture, les paroles écrites en dialecte ne seraient-elles pas plus intuitives?

Henrik Amschler: Il ne faut pas oublier que le marché suisse de la musique et les gens en Suisse de manière générale sont fortement influencés par l’international, et surtout par le monde anglophone. Cela signifie que pour certains styles, les paroles en anglais permettent de se lancer à un autre niveau que les paroles en dialecte. De nombreux artistes suisses ont également démontré qu’il faut d’abord avoir du succès à l’étranger pour être remarqué et pris au sérieux en Suisse.

Avez-vous une méthode typique pour écrire les paroles de vos chansons?

Henrik Amschler: C’est vrai que nous avons une sorte de routine. Souvent, Zian me présente une idée et me demande mon avis. Si je suis séduit, je dis «Let’s go», sinon nous continuons à discuter. Mais dans le processus, je suis alors plutôt responsable des aspects musicaux. Zian est toujours au premier plan, car les paroles doivent venir de lui, de sa personnalité.
Zian: Oui, car il doit être sincère.

L’authenticité des chansons de Zian doit donc transparaître pendant l’écoute: doit-on sentir qu’il chante quelque chose qui lui tient à cœur?

Henrik Amschler: On doit toujours reconnaître que l’intention lyrique vient de lui. C’est pourquoi il est plus impliqué que moi pour les paroles. J’ai plus une fonction de soutien. La chanson «Show You» est d’ailleurs née d’une histoire personnelle de Zian, comme toutes nos chansons d’ailleurs.

Quel est généralement l’élément déclencheur qui mène à l’écriture d’une chanson?

Zian et Henrik Amschler: Tout et n’importe quoi.
Zian: Souvent, c’est une situation quelconque, et on sent alors soudainement qu’il y a quelque chose et qu’on peut continuer à travailler.
Henrik Amschler: Chez Zian, on remarque aussi dans l’écriture des paroles qu’il est un vrai musicien; il est en effet multi-instrumentiste.
Zian: Pour moi, c’est avant tout une question de feeling, avec beaucoup d’intuition.
Henrik Amschler: Souvent, ce qui importe, c’est ce dont on a envie, ce qui nous vient à l’esprit, ce qui doit être résumé dans des paroles, et ensuite on fait la musique qui va avec.
Zian: Souvent, un mot se cristallise et nous sentons dans quel monde se trouve cette chanson: il peut être triste et évoluer ensuite vers un côté «happy».

Créez-vous la musique et les paroles en parallèle?

Zian: Oui, jusqu’à un certain point où il vaut mieux définir le texte, parce que nous avons déterminé l’univers de la chanson. Jusque-là, une partie des paroles est encore de l’anglais marmonné incompréhensible.
Henrik Amschler: Oui, une fois que nous avons défini le cadre de la chanson, nous allons plus loin dans les paroles, et aussi plus loin dans la production.

Devez-vous parfois encore adapter les paroles à un stade avancé de la production?

Zian: Presque pas, parce qu’à un moment donné, les paroles sont définies. Viser la perfection, c’est bien, mais on ne peut pas l’atteindre. Il faut surtout que l’émotion soit la bonne, et bien sûr qu’elle corresponde à la musique et à l’univers que nous avons créés avec cette chanson.
Henrik Amschler: Pour moi, c’est évident: je donne toujours la priorité à Zian, avec sa voix unique et ses paroles profondes.
Zian: Mais il faut aussi comprendre que nous évoluons dans le domaine de la pop, les paroles ne doivent pas être trop complexes et abstraites. Le public doit pouvoir les comprendre. Plus il y a de mots, moins les gens ont de marge d’interprétation en les écoutant.

«Show You»
Composition et paroles: Tizian Hugenschmidt, Henrik Amschler.

www.zianmusic.com
www.henrik-hsa-amschler.ch

Swiss Music Awards: SUISA rend honneur aux auteurs-compositeurs du «Best Hit»
Dans la catégorie «Best Hit», les meilleures chansons du hit-parade suisse de l’année précédente sont nominées aux Swiss Music Awards et la chanson lauréate est plébiscitée par le public au cours du show télévisé. Pour la première fois cette année, SUISA est le «Presenting Partner» de la catégorie «Best Hit», et met l’accent sur le travail des compositeurs/-trices et des paroliers/-ères de la chanson lauréate. En 2022, les chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» sont «Show You», «Tribut» et «Nightmare». (Texte: Giorgio Tebaldi)
www.swissmusicawards.ch
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Zian: Pour moi, c’est évident: les paroles sont essentielles pour définir la durée d’une chanson. Toutes les chansons qui sont écoutées et réécoutées pendant des décennies ont aussi une profondeur lyrique. C’est pourquoi les paroles sont extrêmement importantes. À court terme, la musique est tout aussi importante, ce qui explique la...Continuer

«La musique place le texte dans un contexte»

Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Lo & Leduc, Zian et Joya Marleen sont nominés pour cette distinction présentée par SUISA. Nous avons demandé à Lo & Leduc quel rôle jouait le texte dans leur chanson «Tribut». Interview de Markus Ganz, contributeur invité

Lo et Leduc: «La musique place le texte dans un contexte»

Lo et Leduc. (Photo: Maximilian Lederer)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Lo: C’est une question qui divise. Dans notre cas, elles sont importantes; j’ai sûrement plus de talent pour les textes que pour le chant. De notre point de vue, il est plus exigeant de faire de la musique avec des textes en suisse allemand qu’en utilisant l’anglais, qui crée une plus grande distance vis-à-vis du contenu. Et en écrivant des textes en dialecte, on fait de la musique pour un public très restreint.
Leduc: Pour nous, les textes sont notre cœur de métier.

Avez-vous une manière de procéder bien à vous pour écrire les textes de vos chansons?

Lo: C’est très variable, tout est possible. En général, un de nous deux a une idée. Ça peut aussi être un refrain ou une mélodie. Ensuite, on travaille d’abord individuellement, ou parfois déjà ensemble. Le plus tard possible dans le processus, on termine tous les textes ensemble. Parfois, c’est juste la touche finale, mais parfois aussi, on écrit la deuxième strophe et on doit donc réécrire la première. Il n’y a pas de procédure fixe. La seule chose qui s’est imposée est que je tiens une archive de textes et Luc une archive de photos.
Leduc: C’est presque obsessionnel, la façon dont j’essaie de mettre les choses dans des catégories, parce que j’ai besoin de structure afin de pouvoir réfléchir et travailler dans les dossiers. C’est souvent passionnant parce que cela nous permet de soumettre une nouvelle idée à l’autre. Il est également important que chacun apporte sa propre perspective. Une nouvelle approche permet de rassembler des idées, mais aussi de filtrer les idées qui pourraient entrer en ligne de compte pour la chanson. Ensuite, on laisse mûrir l’idée de chanson, et on la retravaille ensemble plus tard.

La musique de la chanson «Tribut» provient de l’équipe de production Jugglerz. Comment s’est passée votre collaboration, notamment l’harmonisation du texte et de la musique?

Lo: Cette chanson est un cas à part. L’idée du texte date d’une dizaine d’années, mais elle est restée inachevée. Quand on a commencé à travailler avec les Jugglerz en 2020-2021, on a écouté beaucoup de leurs beats et ébauches de chansons et on a trouvé un riff de guitare qui nous a emballés. Il collait bien avec ce texte hyper ancien! Alors on l’a sorti des archives, on l’a réécrit et adapté à la musique.

Cette ancienne version du texte était-elle sans musique?

Lo: Non, on avait bien une musique, et on a essayé plusieurs fois d’en faire une chanson ces dix dernières années mais on s’est retrouvés à chaque fois dans une impasse.
Leduc: C’est un bel exemple qui montre que parfois, le moment n’est pas encore venu pour une chanson. «Tribut» contient le texte la plus ancien de notre album actuel, «Mercato», mais aussi le plus récent: la fin du refrain a été la dernière partie que nous avons écrite pour l’album, c’est donc un grand écart.

La collaboration avec les Jugglerz était-elle clairement définie?

Leduc: Parfois, la frontière entre musique et texte s’estompe, mais ici, nous avons clairement montré des versions antérieures et nous avons constaté que leurs ébauches correspondaient aux nôtres. Ensuite, nous avons adapté notre texte à leur nouveau rythme.

«Tribut» comporte un texte complexe sur ce que les chansons peuvent exprimer ou non. Quel était le point de départ de la version originale?

Lo: On trouve l’idée de base au début de la première strophe: le sentiment d’écrire une chanson d’amour tout en sachant qu’on ne peut pas rendre justice à l’amour. C’est une contradiction. On chante «aber Liebi isch kes Lied»; ça donne une ouverture à cette chanson qui se termine en disant que la musique est malgré tout un vecteur de l’amour, permettant d’exprimer de tels sentiments, mais pas de manière aussi directe.
Leduc: En ce qui concerne le texte, tout figurait déjà dans la première version. On a ensuite renforcé l’aspect musical, c’est-à-dire que la musique est une sorte de carte mémoire de souvenirs, même quand on n’entend pas de musique. Sur les vinyles ou les cassettes, on peut même entendre les pauses entre les chansons et les intégrer à l’ensemble.

Lors de la genèse de la chanson, comment votre texte et la musique des Jugglerz se sont-ils influencés mutuellement?

Lo: D’abord, on a modifié la tonalité de leur ébauche de beat, qui était une boucle de 30 secondes sans arrangement. Ensuite, on a adapté le texte et défini l’arrangement en studio avec Jonas Lang: la longueur des strophes, le pré-refrain, etc. Ensuite, on a dû pratiquement réécrire le texte du refrain parce qu’il ne fonctionnait plus. À la fin, on a dû adapter une nouvelle fois le texte à la musique, où l’on entend la version originale de l’ébauche du beat.
Leduc: Ça montre bien que c’est le souvenir de ce beat de départ qui a été à l’origine de la chanson.

Souvent, le texte d’une chanson n’a un impact, un sens qu’une fois mis en musique. Quelle est la contribution de la musique à l’impact du texte de «Tribut», qui est en réalité explicite?

Leduc: Elle place le texte dans un contexte. Par exemple, on le ressent bien au moment où elle se brise à la fin, passant à la tonalité mineure parallèle: on quitte ce qu’on connaissait pour passer dans une sorte de monde parallèle.
Lo: Je crois que c’est même le cas avant. L’ambiance n’est pas triste, mais la musique a une certaine nostalgie.
Leduc: Oui, j’ai l’impression que l’esthétique « trap » très constante aide à créer une sorte de contrepoint, à trouver un équilibre, pour que cela ne se transforme pas en une chanson nostalgique, ce qui se produit beaucoup trop souvent dans la pop chantée en dialecte.

«Tribut»
Composition: Jonas Lang (DJ Jopez), Joachim Piehl (Sir Jai), Martin Willumeit (DJ Meska) (équipe de producteurs connue sous le nom de Jugglerz).
Texte: Lorenz Häberli (Lo), Luc Oggier (Leduc).

www.lo-leduc.ch

Swiss Music Awards: SUISA rend honneur aux auteurs-compositeurs du «Best Hit»
Dans la catégorie «Best Hit», les meilleures chansons du hit-parade suisse de l’année précédente sont nominées aux Swiss Music Awards et la chanson lauréate est plébiscitée par le public au cours du show télévisé. Pour la première fois cette année, SUISA est le «Presenting Partner» de la catégorie «Best Hit», et met l’accent sur le travail des compositeurs/-trices et des paroliers/-ères de la chanson lauréate. En 2022, les chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» sont «Tribut», «Show You» et «Nightmare». (Texte: Giorgio Tebaldi)
www.swissmusicawards.ch
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Lo et Leduc: «La musique place le texte dans un contexte»

Lo et Leduc. (Photo: Maximilian Lederer)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Lo: C’est une question qui divise. Dans notre cas, elles sont importantes; j’ai sûrement plus de talent pour les textes que pour le chant. De notre point de vue, il est plus exigeant de faire de la musique avec des textes en suisse allemand qu’en utilisant l’anglais, qui crée une plus grande distance vis-à-vis du contenu. Et en écrivant des...Continuer

«Si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux»

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Swiss Music Awards: «Si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux»

Joya Marleen et Thomas Fessler. (Photos: Rouven Niedermaier; Emanuel Muhl)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Joya Marleen: Énorme: les paroles sont essentielles! Olivia Rodrigo, par exemple, a écrit des belles paroles, mais aussi très directes et puissantes où tout s’imbrique parfaitement, et Amy Winehouse m’a aussi impressionnée par la grande franchise de ses textes très personnels.
Thomas Fessler: Oui, les paroles sont très importantes. Ça se voit d’ailleurs par le fait qu’elles représentent 50% dans la répartition des droits d’auteur chez SUISA, c’est-à-dire autant que la musique.

Avez-vous une manière de procéder bien à vous pour écrire les textes de vos chansons?

Joya Marleen: J’aime partir de mots qui sonnent bien ou qui transmettent une idée de la direction que va prendre la chanson, ou bien qui racontent une histoire. J’ai donc par exemple trois mots qui doivent être utilisés dans la chanson, et s’y ajoutent les sentiments correspondants. La chanson peut alors être créée sur cette base. Mais en général, j’écris d’abord la mélodie qui correspond à ces trois mots.
Thomas Fessler: L’ambiance de la chanson est déjà présente dans ces mots. Le reste, c’est du yaourt, c’est-à-dire des paroles incompréhensibles ou dénuées de sens pour les passages où le texte n’existe pas encore.

La chanson nominée, «Nightmare» (cauchemar), montre l’importance que peut avoir un simple mot et à quel point il peut susciter des émotions différentes. Joya, est-ce que le mot «Nightmare» a donné l’impulsion initiale pour les paroles de la chanson du même nom?

Joya Marleen: Oui, avec «Hold on, hold on», ça donne déjà presque une ambiance de marin, un cauchemar sur un bateau, ça convient bien.

La musique est-elle née à partir de cela, quasiment du rythme de ces trois mots?

Thomas Fessler: Joya avait enregistré une première version du refrain, qui rassemble ces mots et la mélodie, avec son smartphone et me l’avait envoyée. Et j’ai pensé que c’était quelque chose de spécial et qu’on pouvait en faire une super chanson.
Joya Marleen: Au début, la chanson avait un côté très reggae …

… qu’on entend toujours dans le rythme et l’accentuation donnés à ces trois mots …

Joya et Thomas: Oui!

Joya, savais-tu rien qu’en entendant le mot «Nightmare», sur quoi porterait la chanson? Ou le sens de la chanson a-t-il évolué petit à petit?

Joya Marleen: Je voulais créer une ambiance bizarre de ce mot. C’est ce qui m’a menée à décrire cette personne qui attend un cauchemar parce qu’elle s’ennuie. Le cauchemar est essentiel pour elle, pour sa vie, elle recherche un défi toxique. La chanson a un aspect bizarre, mais est en réalité très mélancolique malgré le contraste qu’apportent les «Hold on!», et cela crée une tension.

Le reste du texte a-t-il été écrit parallèlement à la musique?

Thomas Fessler: Joya a aussi peaufiné le texte pendant l’enregistrement de la musique, ici, sur le canapé du studio. Puis elle a terminé de le rédiger dans le train sur le chemin du retour, comme elle le fait d’habitude … Le texte n’a pas de scénario clair, il crée plutôt une ambiance; il est vif et frais, un peu décalé et aussi un peu chaotique. Et c’est très bien comme ça, car si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux. Il faut pouvoir s’imaginer quelque chose en l’écoutant.

«Nightmare»
Composition: Joya Marleen et Thomas Fessler.
Texte: Joya Marleen.

www.joyamarleen.com
www.571.ch

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Assemblée générale 2022: enfin le retour à la normale

Après une pause forcée due à la pandémie, l’Assemblée générale de SUISA aura lieu pour la première fois depuis 2019 en présence des membres, au Bierhübeli à Berne. Les sociétaires sont invités à venir en grand nombre, pour participer aux décisions concernant la destinée de leur société. Texte d’Andreas Wegelin

Assemblée générale 2022: enfin le retour à la normale

Après deux ans d’interruption, l’Assemblée générale 2022 de SUISA pourra à nouveau avoir lieu en présentiel, le 17 juin, au Bierhübeli de Berne. (Photo: Sibylle Roth)

Le vendredi 17 juin 2022 à 11 heures, après une ouverture musicale par le groupe d’électro-swing bernois Klischée, le Président du Conseil Xavier Dayer ouvrira l’Assemblée générale de SUISA.

Les membres seront informés de la marche des affaires de SUISA au cours de l’année écoulée et seront invités à approuver le résultat de l’exercice 2021, qui a été acceptable malgré la pandémie (–10 % par rapport à l’année record 2019). Outre les affaires statutaires, la garantie du financement de l’octroi de licences online par la société affiliée Mint Digital Services SA ainsi qu’une révision des statuts visant à améliorer la «Corporate Governance» feront également l’objet de discussions et de décisions.

Election complémentaire, message à l’attention des membres et déclaration selon une Directive de l’UE

Après 10 ans d’activité, le membre éditeur Christian Siegenthaler (management du groupe Patent Ochsner) a décidé de démissionner du Conseil de SUISA. Pour lui succéder, le Conseil propose Christian Baumgartner, conseiller en entreprise et investisseur.

La Conseillère aux Etats Johanna Gapany, élue au Conseil de SUISA l’an passé, adressera un message à l’attention des membres, en s’appuyant sur son expérience dans le monde politique.

Finalement, conformément aux prescriptions de la Directive de l’UE sur les sociétés de gestion et de la loi du Liechtenstein sur les sociétés de gestion (VGG), les déclarations des membres du Conseil et de la Direction sur leur participation à SUISA, leurs rémunérations/indemnités et leurs éventuels conflits d’intérêts seront publiées pour la première fois.

Bienvenue aux membres avec droits de vote

Seuls les sociétaires sont convoqués à l’Assemblée générale, c’est-à-dire les membres avec le droit de vote et d’éligibilité (voir Infobox en fin de texte). Les membres en question recevront une invitation par la poste à fin mai, accompagnée des formulaires d’inscription. L’invitation comprend le programme de la journée et des informations complémentaires sur les points à l’ordre du jour et les affaires qui seront traitées lors de l’AG.

J’espère vivement qu’un grand nombre d’entre vous participera à l’Assemblée générale et je me réjouis, avec ma collègue Irène Philipp Ziebold et mon collègue Vincent Salvadé, ainsi que d’autres collaborateurs-trices de SUISA, de pouvoir enfin vous rencontrer physiquement.

Nouveaux critères pour les sociétaires avec droits de vote
Le Conseil de SUISA a décidé en décembre 2020 de modifier les critères pour les sociétaires avec droits de vote. Les auteurs et éditeurs sont admis en qualité de sociétaires avec droits de vote s’ils ont été mandants de SUISA pendant au moins un an, et sils ont reçu au moins 3000 francs de redevances depuis leur affiliation; jusqu’à présent, ce montant était de 2000 francs. Cette modification est entrée en vigueur en 2021.
De plus, la qualité de sociétaire passe de nouveau à un statut de mandant lorsque les redevances versées n’atteignent pas 3000 francs, au cours des dix dernières années.
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